Le site, Aguada Fénix, a été construit à Tabasco, au Mexique, vers 1000-800 avant JC, ce qui en fait le plus ancien monument construit par le peuple maya.

Statuettes représentant de petits mammifères trouvés sur le site d'Aguana Fenix
Statuettes représentant de petits mammifères trouvés sur le site d'Aguana Fenix © publié dans la revue Nature / Takeshi Inomata

L'archéologue Takeshi Inomata de l'Université d'Arizona et son équipe ont publié leurs conclusions dans la revue Nature. Le site d'Aguada Fenix est un site en terre vieux de 3 000 ans, destiné à abriter de manière permanente un peuple précurseur des Mayas, le plus grand jamais découvert. 

La civilisation Maya est née entre 1000 avant JC et 400 avant JC, mais le professeur Inomata s'est depuis longtemps concentré sur le début de la culture maya. Or il faut chercher plus profondément dans le sol pour retrouver les vestiges des civilisations pré-maya. 

Le site d'Aguada Fenix se situe dans la région de Tabasco au Mexique
Le site d'Aguada Fenix se situe dans la région de Tabasco au Mexique / Takeshi Inomata

Vu d'en haut, par avion, il n'est pas possible d'imaginer que la végétation renferme le plus grand site pré-maya jamais découvert, une construction plus imposante que la plus grande des pyramides d'Égypte.

Photo du site d'Aguana Fenix
Photo du site d'Aguana Fenix / Takeshi Inomata

C'est en regardant d'anciennes images de la région, avec d'autres sites, faites avec la technologie laser du LIDAR, que l'archéologue et son équipe ont découvert une forme se distinguer dans l'image.

Image d'après le relevé laser du site d'Aguada Fenix
Image d'après le relevé laser du site d'Aguada Fenix / TAKESHI INOMATA / UNIVERSITÉ D'ARIZONA /NATURE

Pour le chercheur du CNRS Philippe Nondedeo, interrogé sur France Inter, cette technologie, qui consiste à envoyer des impulsions lumineuses au sol depuis un avion, "a permis de sonder une région à la végétation trop dense pour être explorée à pied. Ces impulsions traversent la végétation, et permettent de restituer les reliefs qui se trouvent en dessous".

Au total le site d'Aguana Fenix s'étendait sur près de 399 m de large, de 1 413 m de long et de 10 à 15 m de haut. "La population locale pensait que c'était une élévation naturelle du sol", explique le chercheur français.

Rien ne permet de distinguer une organisation hiérarchique dans cet agencement, ce qui fait dire aux chercheurs que les occupants du site vivaient dans un système égalitaire. Ce monument extraordinaire aurait donc été construit par un groupe d'humains qui ne disposait pas d'une forme centralisée d'organisation.

"Bien que le site présente certaines similitudes avec l'ancien centre olmèque de San Lorenzo [également au Mexique], la communauté d'Aguada Fénix n'a probablement pas connu d'inégalités sociales comparables à celle de San Lorenzo. Aguada Fénix et d'autres complexes cérémoniels de la même période suggèrent l'importance du travail communautaire dans le développement initial de la civilisation maya", dit Takeshi Inomata dans la revue Nature.

Selon l'archéologue chargé de ces fouilles, Takeshi Inomata, de l'Université d'Arizona, il s'agirait d'un centre cérémoniel, un lieu de rassemblement, "impliquant éventuellement des processions et d'autres rituels que nous ne pouvons qu'imaginer."

L'équipe va continuer de travailler à Aguada Fenix et effectuera d'autres analyses LIDAR dans  la région, ajoutant également des sites environnants pour comprendre les interactions entre Olmèques et Maya, et les changements de style de vie qui se produisaient à ce moment-là.

Pour Philippe Nondedeo, "la configuration du site associe des caractéristiques des constructions olmèques que l'on trouve plus à l'ouest. C'est pour cette raison que la plateforme est en terre et non en pierre. Elle comporte aussi des caractéristiques des promontoires destinés à l'observation du soleil, propres aux Mayas." 

La carte des sites Mayas et Olmèques au Mexique dans l'étude de l'équipe de Takeshi Inomata, publiée dans Nature
La carte des sites Mayas et Olmèques au Mexique dans l'étude de l'équipe de Takeshi Inomata, publiée dans Nature / Takeshi Inomata
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