Avant le contre-sommet du G7 et le G7 de la semaine prochaine, les grandes manœuvres ont débuté depuis de longs mois pour créer une "bulle sécuritaire" et prévenir d'éventuelles opérations de blacks blocs et de "gilets jaunes" au Pays basque.

Des soldats français ont installé des dispositifs de surveillance sur le phare de Biarritz
Des soldats français ont installé des dispositifs de surveillance sur le phare de Biarritz © AFP / Iroz GAIZKA

Des responsables du renseignement intérieur et des forces de l'ordre ont tenté de dissuader l'Élysée de choisir Biarritz, surtout en plein été. En vain.

C'était au printemps dernier. Un haut responsable de l'un des services de renseignement intérieur, place Beauvau, assurait que le choix de Biarritz était peut-être la pire des options pour organiser un G7, affirmant, avec une pointe d'humour désabusé, que quoi qu'il se passe, il risquait d'y perdre sa place, tant la situation était complexe pour déjouer tous les pièges. 

Les notes pour tenter d'évoquer les menaces potentielles se sont donc multipliées, autour des différentes mouvances nationalistes basques (Abertzale, au nord côté français et au sud côté espagnol), des organisations radicales européennes d'extrême gauche, et des "gilets jaunes"; qui promettaient déjà de venir apporter leur contribution fin août près du B-A-B, le cordon routier qui relie Bayonne, Anglet et Biarritz.

Des policiers sur les rotules

Les syndicats de policiers sont également montés au créneau à de nombreuses reprises pour rappeler à quel point les troupes étaient rincées par un hiver rouge, noir et jaune. Rajouter la sécurisation d'un tel lieu, en pleine saison touristique, n'allait pas contribuer à ramener un semblant de sérénité au sein des unités concernées.

Les syndicats y compris certains de leurs patrons seront présents au Pays basque pour dégainer si jamais les choses devaient mal tourner.    

Les gendarmes partagent l'analyse de risques majeurs encourus dans une région comme le Pays basque, en plein été. Cela fait des mois qu'ils ont décidé d'envoyer ce qui se fait de mieux au sein de leurs différentes composantes : des derniers drones, au GIGN, des blindés légers aux hélicoptères. Au cas où.   

Une confiance toute relative dans la parole des organisateurs du contre-sommet

En début de semaine, un colonel de gendarmerie qui s'apprêtait à descendre à Biarritz, a lu attentivement les déclarations d'Aurélie Trouvé, la responsable d'ATTAC.

"Nous manifesterons dans le calme et la détermination. Nous ne dégraderons rien. Nous ne mènerons aucune stratégie de confrontation et ne répondrons pas aux provocations." 

Notre méthode c'est la résistance non violente. En conséquence nous exigeons le retrait des forces de police des lieux de nos manifestations.

Environ 80 groupes vont manifester et mener des actions de désobéissance civile 

Le gradé de la gendarmerie sourit légèrement, avant de rappeler qu'il y aura en tout cas du monde, pas très loin de tous les lieux de manifestations prévues par les organisateurs officiels du contre-sommet. 

Il confie aussi que l'état-major, qui se déploiera au Pays Basque la semaine prochaine, a plutôt confiance d'ailleurs dans la parole de certaines grandes ONG, même si certains responsables jouent régulièrement double jeu vis à vis de leurs troupes plus radicales. Ils savent, en revanche, qu'il y aura aussi des militants et des factions beaucoup moins pacifistes.

Car ce sont principalement des gendarmes qui seront chargés de surveiller de plus ou moins loin les manifestations du contre G7 et ils s'attendent à retrouver certains activistes évacués à Notre Dame des Landes, par exemple. Ils se sont donc préparés à tout type d'action : des intrusions sur les axes autoroute, des sit-in de résistance passive (déjà programmés) au cœur des communes voisines de la "bulle" biarrote. 

Le risque principal pour les responsables de la sécurité du G7, au-delà de la menace terroriste, est la formation, à tout moment, d'un black bloc (un cortège compact et violent pour affronter les forces de l’ordre et détruire des "symboles" du capitalisme) pour tester des entrées de villes et la sécurité du G7 à Biarritz à partir du vendredi 23 août. 

Le nombre de force de l'ordre présentes au Pays basque, n'a pas été précisé pour l'instant par le ministère de l'Intérieur, mais l'objectif rappelé par l’Élysée et la place Beauvau fin juin était de neutraliser le plus vite possible la moindre tentative d'action violente.

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