Pendant que les partenaires sociaux tentent de redéfinir les contours de cette pratique qui a explosé pendant le confinement, une étude révèle que plus de 84% des personnes interrogées souhaitent poursuivre le télétravail après les restrictions imposées par la crise.

Sept salariés sur dix souhaitent et pensent que la crise va transformer profondément les modes de travail, selon l'étude menée par Malakoff Humanis
Sept salariés sur dix souhaitent et pensent que la crise va transformer profondément les modes de travail, selon l'étude menée par Malakoff Humanis © AFP / ARNAUD FINISTRE / Hans Lucas

À marche forcée ou pas, selon les aptitudes et les équipements de chacun, le télétravail aura été, pour certains, d'abord une épreuve puis (une fois les enfants remis à l'école) un véritable révélateur imposé par la crise sanitaire. Une étude menée par le groupe spécialisé dans la protection sociale Malakoff Humanis sur le télétravail et l'absentéisme livre les tendances suivantes : les télétravailleurs sont plus nombreux et plutôt satisfaits, mais surtout, ces nouveaux adeptes de la pratique numérique à distance désirent poursuivre ces habitudes prises pendant le confinement. Selon ces chiffres, la part des salariés qui "souhaitent demander le télétravail après le confinement" a augmenté de 11 points par rapport au mois d’avril, pour atteindre 84% des salariés.

Plus de souplesse et d'autonomie

Au mois de mai, sur les 72 % des salariés déclarant travailler, plus de la moitié (57%) d’entre eux étaient en télétravail. Dans le secteur privé, ces salariés en télétravail représentent ainsi 41 % de l’ensemble, et la moitié expérimentent cette forme pour la première fois. 

73 % des télétravailleurs en sont satisfaits, un chiffre en hausse de 7 points par rapport au mois d’avril. Et 43 % des nouveaux télétravailleurs estiment que la crise a fait évoluer positivement leur appréciation du télétravail ( 12 points).

Parmi les raisons qui ont convaincu ces nouveaux télétravailleurs : pour 80% des personnes interrogées, il s'agit surtout d'avoir plus de souplesse et de flexibilité pour gérer ses tâches. L'autre raison principale : une plus grande autonomie et davantage de responsabilisation(44%). 

Les bénéfices perçus sur l’engagement au travail , l’efficacité au travail , et la conciliation vie professionnelle / vie personnelle sont également en hausse. 

Vigilance sur la santé 

Malgré les points positifs du télétravail relevés par les salariés, ils sont aussi un nombre non négligeable à exprimer des préoccupations de santé, liées au travail à distance.  27 % des télétravailleurs déclarent que le télétravail en période de confinement a eu un impact négatif sur leur santé physique. 45 % d’entre eux déclarent que le télétravail, dans cette situation particulière, a entrainé une dégradation de leurs postures de travail, et 25% une dégradation de leurs pratiques alimentaires. Enfin, 33% évoquent un sommeil dégradé. 

L'impact est aussi psychologique. 31 % des salariés déclarent que le télétravail en période de confinement a eu un impact négatif sur leur santé psychologique. Les principales raisons : 48 % ( 3 points) ont du mal à se déconnecter du travail ; 32 % ( 4 points) indiquent une augmentation de leur charge mentale, et 39 % des télétravailleurs se disent "souvent stressés" Un niveau de stress qui a augmenté depuis la crise pour 36 % d’entre eux.

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