L'autorité de santé américaine vient de reconnaître une application smartphone comme contraceptif. Elle serait plus efficace que la pilule ou le préservatif. Son fonctionnement est proche de celui de la méthode dite "des températures". Problème : 189 femmes sont tombées enceintes depuis la sortie de l'application.

L'algorithme utilisé pour calculer les jours d’ovulation dans l'application "Natural Cycles" serait aussi précis qu'une échographie
L'algorithme utilisé pour calculer les jours d’ovulation dans l'application "Natural Cycles" serait aussi précis qu'une échographie © Getty / Tim Robberts

On la trouve en Suède et à quelques jours de la journée mondiale du droit à l’IVG, elle a son petit parfum vintage, qui vous fait bien remonter les poils du nez… 

Vous téléchargez « Natural Cycle » sur votre smartphone, et on vous envoie un thermomètre. Tous les matins, à heure fixe, allongée sur votre lit, vous prenez votre température, vous entrez ces chiffres dans l’appli qui vous dit si oui, ou non, vous êtes fertile et si oui, ou non, il faudra s’abstenir de tin tin ce soir, ou bien faire usage d’un condom. 

C’est bon, vous l’avez ? Votre grand-mère aussi, elle l’avait, et résultat… eh ben vous êtes là. 

Ce qui est en soit une bonne nouvelle. Le souci, c’est les mailles du filet. À travers lesquels se glissent régulièrement quelques spermatozoïdes suffisamment vif et ardents pour aller pécho de l’ovule. Du coup sur ces neuf derniers mois, 189 femmes se sont signalées auprès de l’agence suédoise de contrôle des médicaments : elles étaient tombées enceintes involontairement malgré l’utilisation de cette application. 

Alors ok, les taux d’échec sont similaires avec la pilule. Sauf que « Natural Cycle » se vend comme très précise – elle a d’ailleurs été épinglée, là-dessus, pour publicité mensongère… Et que, surfant sur la défiance suscitée par les hormones en général, la pilule en particulier, elle revendique 900 000 utilisatrices à travers le monde. Evidemment, on a le droit de préférer le naturel à la chimie… 

Il faut juste avoir en tête que, d’après les derniers chiffres de l’OMS, le taux d’échec des méthodes naturelles est de 30 à 40% en moyenne

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