L'arobase, le hashtag ou encore l'esperluette : ce sont des signes qu'on utilise quotidiennement, par gain de temps ou pour enrichir nos réseaux sociaux. Mais d'où viennent-ils ? Et surtout, comment les utilisions-nous avant l'apparition des ordinateurs ?

L'arobase, l'esperluette ou le tilde, ces signes existaient déjà avant la création des ordinateurs
L'arobase, l'esperluette ou le tilde, ces signes existaient déjà avant la création des ordinateurs © Radio France / Poutchie Gonzales

On connaît leur emplacement sur notre clavier. Leur utilisation est même devenue machinale et quotidienne avec l’apparition des réseaux sociaux. 

Mais comment tous ces signes sont arrivés là ? Et existaient-ils avant l'arrivée des ordinateurs ? 

L'arobase

D'après le site de la Bibliothèque Nationale de France (BNF), l'origine du symbole "@" remonte probablement jusqu'au Moyen-Âge. 

Les premières traces du signe @ ont été trouvées dans des manuscrits du VIe siècle. D'après l'hypothèse de Berthold Louis Ullman, un linguistique interrogé par la BNF, les premiers à avoir eu recours à l'arobase sont les moines copistes dont le travail consistait à recopier des ouvrages. 

Pour faciliter leur tâche ils ont inventé un certain nombre d'abréviations dont "@". Ils en sont arrivés à ce signe en fusionnant les deux caractères du mot latin "ad" qui signifie "à" ou "vers" et "at" en anglais. À force de l'utiliser, le "a" et le "d" se sont transformés en un seul signe,  le "d" s'enroulant autour du "a".

L'arobase a ensuite été utilisée dans les écritures commerciales ou religieuses pendant plusieurs siècles. Le signe s'emploie alors pour écrire les prix des marchandises

Par exemple pour dire "cinq oranges à 1$", en anglais "five oranges at 1 $", les américains écrivaient "five oranges @ $ 1". Il a donc paru nécessaire de l'intégrer aux claviers des machines à écrire. 

À Radio France, on avait trouvé une autre utilisation à ce symbole. Sa forme @ rappelait aux journalistes la bande magnétique. L'arobase était donc devenue le synonyme du mot "son" ou "interview"...

En 1971, Ray Timlinson, l'inventeur des adresses emails a décidé d'utiliser l'arobase pour séparer le nom des émetteurs et de l’hébergeur comme Yahoo, Gmail ou Outlook. Elle a été ensuite reprise par les réseaux sociaux comme Twitter puis Facebook pour mentionner une personne.

Le hashtag

Le hashtag "#" a d'abord été utilisé dans la typographie américaine pour indiquer un numéro. Mais son développement se fait vraiment avec l'arrivée d'internet et notamment à la fin des années 1980 sur le protocole de communication "Internet Relay Chat" ou "discussion relayée par Internet", en français. Les personnes peuvent communiquer instantanément avec des discussions en groupe. 

Le # est alors utilisé pour nommer et différencier les conversations sur le protocole. 

On le voit ensuite apparaître dans les années 2000 sur des site web comme Flickr, dédié à la photo et pour différencier les thématiques présentes sur la page. 

Mais la plateforme qui va vraiment comprendre l'utilité de ce symbole est Twitter. Le 23 août 2007, un utilisateur et spécialiste des réseaux sociaux, Chris Messina, va proposer à sa communauté de regrouper les thématiques et les groupes autour du hashtag.

Après son succès, plusieurs internautes vont eux aussi utiliser le signe pour faire passer leurs messages, comme Nate Ridder, habitant de San Diego qui va lancer le #sandiegofire pour informer le monde entier des incendies dans la ville des États-Unis.

C'est seulement deux ans plus tard, en 2009, que Twitter va officiellement adopter le hashtag.

L'esperluette 

Pour certains, l'origine de l'esperluette "&" remonte à Cicéron, célèbre orateur romain. Tiron, qui était son secrétaire, aurait été le premier à utiliser le signe "&" mais aucune trace manuscrite n'a été retrouvée pour le certifier. 

Pour d'autres, c'est à l'époque mérovingienne que l'esperluette voit le jour. Comme l'arobase, les moines copistes auraient mélangé les lettres "e" et "t" qui forment le mot "et" pour recopier plus rapidement les manuscrits. 

La méthode est alors restée et a ensuite été utilisée dans le commerce. Puis c'est à partir du XIXe siècle que le symbole a vraiment pris de l'importance, notamment dans la langue anglaise.

Aux États-Unis, le & est utilisé pour nommer des entreprises comme "Johnson&Johnson" ou "Gonzales&Cie" est très courant ou comme abréviation de l'expression "Madame et Monsieur" en "Mme & M". 

Le tilde

Le tilde "~" ou la petite vague, est connu pour son utilisation dans les langues basque, bretonne, portugaise ou espagnole. 

Même si ces quatre langues sont proches et font même partie du paysage français, la France ne l'a en définitive pas adopté. En 2017, le tribunal de Quimper avait même refusé que le prénom "Fañch" soit attribué à un enfant, à cause du tilde, avant que la cour d'appel de Rennes ne revienne sur la décision. 

Pourtant ce signe ne nous est pas inconnu. Il était même beaucoup utilisé jusqu'au XVIIIe siècle comme abréviation de la lettre "n" ou comme marque de nasalisation dans les textes

On peut notamment le voir dans de nombreux documents officiels français comme les ordonnances de Villers-Cotterêts en 1539 où on le retrouve trois fois. Ou alors dans un texte de 1567, où le roi Charles IX se présente comme le "roy de Frãce" et non "le roi de France." 

Avec le temps, le tilde a disparu du Français mais reste nécessaire à nos claviers si on veut écrire dans d'autres langues. 

Le symbole monétaire

Entre le rond et la croix, "¤" ce signe est peu connu des internautes. Pourtant il est international puisqu'il représente les devises du monde entier

Au fil du temps, les signes monétaires sont apparus pour éviter de devoir écrire le mot en entier à chaque fois. La livre sterling £, le dollar $, le yen ¥ ou encore l'euro €. Mais toutes les monnaies du monde ne pouvaient être représentées sur les claviers. 

Un symbole monétaire a donc été créé spécialement pour représenter toutes les autres devises du monde : ¤. 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.