L’épidémie de Covid-19 et ses conséquences sans fin sur le plan économique : nouvelle illustration avec la situation précaire du secteur automobile. Toyota ou Renault ont repris leur production. Peugeot a entamé cette semaine la reprise très progressive de ses usines, mais pas à Sochaux...

L’usine Peugeot de Sochaux ne tourne plus, aucune voiture n’a été produite depuis le 17 mars
L’usine Peugeot de Sochaux ne tourne plus, aucune voiture n’a été produite depuis le 17 mars © Radio France / Jérôme Val

Dans le Doubs, à Sochaux site historique de la marque au lion, les usines restent fermées et aucune date n’a encore été donnée pour un retour de l’activité, faute de débouchés : les concessions restent fermées. Ce qui fait craindre le pire dans ce territoire très dépendant de son industrie. Sochaux est une ville à l’arrêt, à l’image de ces immenses parkings déserts sur le site de Peugeot. 

L’usine ne tourne plus, aucune voiture n’a été produite depuis le 17 mars. La dernière équipe à avoir travaillé sur place a quitté son poste ce jour-là, à 5 heures du matin. Du jamais-vu dans cette usine qui produit d’ordinaire 60 voitures par heure.

Les habitants de Sochaux, ville tellement associé au constructeur français, commencent à s’inquiéter alors que PSA reste l’un des principaux employeurs de ce bassin du Nord Franche-Comté : 7 280 salariés en CDI selon les chiffres de la direction et de très nombreux intérimaires. 

Ils sont les premières victimes de la crise : "Depuis l’arrêt des lignes, il y a 400 contrats qui n’ont pas été renouvelés sur les 2 000 existants", détaille Eric Peultier, délégué Force Ouvrière de Peugeot à Sochaux. "Il reste 1 600 intérimaires avec des contrats qui seront suspendus, la direction l’a déjà annoncé." 

"Ce sont d’abord les intérimaires qui vont subir cet arrêt."

Les immenses parkings déserts sur le site de Peugeot.L'usine est à l'arrêt depuis 7 semaines
Les immenses parkings déserts sur le site de Peugeot.L'usine est à l'arrêt depuis 7 semaines © Radio France / Jérôme Val

Un fabricant à l'arrêt, comme les sous-traitants en grandes difficultés

Parmi les autres victimes de la crise qui s’annonce, se trouvent aussi les sous-traitants du constructeur automobile, comme Technitubes. Cette PME compte deux sites de production, l’un à Besançon, l’autre à Étupes à côté de Sochaux. Sur ce site, l’usine tourne au ralenti : toutes les chaînes qui produisent des pièces pour le refroidissement des moteurs sont stoppées : 100 personnes travaillent dans ce bâtiment, ils ne sont aujourd’hui plus qu’une poignée. 

Le patron de l’entreprise, Jean-Pierre Moret, n’est pas très optimiste pour l’avenir. "PSA, qui est notre deuxième plus gros client, ne nous a pas donné de chiffre d’affaires à livrer pour tout le mois d’avril, pour tout le mois de mai", confie le PDG de Technitubes.

"Je suis assez inquiet parce qu’il y aura de la casse chez les petits comme nous. Je ne pense pas malheureusement que l’activité va redémarrer avant le mois de septembre."  

Jean-Pierre Moret attend maintenant plus de solidarité des gros industriels envers leurs fournisseurs pour se sortir de cette crise : "Les entreprises importantes s’en sortiront toujours, je pense qu’il n’y aura pas de difficultés pour PSA. Personne n’a encore compris qu’il fallait être solidaires réellement", poursuit le patron du Doubs. "La solidarité, c’est que le grand puisse aider le petit."

Pour ce patron, pour éviter de disparaître, cette crise oblige à se réinventer. Il a décidé de créer une nouvelle société spécialisée dans l’impression 3D.       

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