"La Croix Rouge a tiré les leçons du 13 novembre, notamment en améliorant son organisation", explique Laurent, l'un des bénévoles qui est intervenu le 13 novembre 2015

250 bénévoles Croix Rouge sont intervenus pour secourir les blessés le 13 novembre
250 bénévoles Croix Rouge sont intervenus pour secourir les blessés le 13 novembre © Reuters / GODONG / BSIP

Le soir du 13 novembre, le plan rouge Alpha riposte multi-attentats est déclenché, mobilisant un maximum de médecins, secouristes et bénévoles, parmi eux 250 bénévoles de la Croix Rouge.

Laurent est bénévole depuis 32 ans à la Croix Rouge. Ce soir du 13 novembre, il reçoit un appel d'urgence sur son portable, 30 min plus tard il est dans son camion d'intervention au départ de Bourg-la-Reine, direction les abords du Bataclan.

Quand son ambulance arrive, Laurent entend encore des coups de feu derrière le Bataclan. Devant lui, des policiers sont armes à la main. Il entre avec son équipe Croix Rouge dans le café La Royale : Ce qui était frappant c’était le calme des victimes qui souffraient, ils étaient en attente et le calme des équipes qui ont fait le travail. C’était perturbant d’avoir quelque chose qui se fait dans le silence.

Une trentaine de personnes attendent grièvement blessées par balle. Une évacuation rapide et fluide, estime Laurent, qui se souvient des critiques sur la prise en charge des blessés. "La Croix Rouge a tiré les leçons du 13 novembre", dit-il, "en améliorant son organisationet en mettant en place rapidement des formations", notamment."Ce sont des modes de prise en charge très différents qui doivent être beaucoup plus rapides, ce qu’on n’a pas l’habitude de faire en France où on traite les victimes sur place, pourquoi pas durant des heures lorsque c’est nécessaire - on a même opéré sur place- on est dans un contexte où on ne peut plus travailler comme ça. Ce type de médecine doit être transposé vers d'autres systèmes, notamment les hôpitaux et évacuer les sites très rapidement. Il faut s'entraîner à faire ça"

Les jours suivants la tension ne retombe pas, jusqu'à aujourd’hui. Le secouriste garde son uniforme près de lui : "Dans la voiture toujours depuis les attentats de Charlie Hebdo. C’est ça qui a changé aussi avant on gardait notre uniforme avec nous deux ou trois semaines durant les situations d’attentes puis ça s’arrêtait. Là ça fait pratiquent deux ans que je pars tous les jours avec des chaussures d’intervention, un uniforme, un casque, de façon à pouvoir être disponible en une demi-heure sur un véhicule à proximité".

Se tenir prêt, toujours mais aussi penser à autre chose, souffler, pour cet anniversaire du 13 novembre, Laurent n'a rien prévu de particulier.

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