Précarité, mal-être, manque de perspectives, déscolarisation : les moins de 25 ans font partie des tranches d'âge qui semblent payer le plus lourd tribut à la crise de la Covid-19. À l'occasion de la journée spéciale "20 ans en 21" organisée par France Inter et Konbini, focus sur les chiffres les plus marquants.

Étudiants et étudiantes sont confrontés à de nombreuses restrictions depuis le début de la pandémie
Étudiants et étudiantes sont confrontés à de nombreuses restrictions depuis le début de la pandémie © AFP / Lilian Cazabet / Hans Lucas

Entre la fermeture des universités, les difficultés économiques, l'absence de moments de culture et de fête, ceux et celles qui rentrent dans la vingtaine vivent une période difficile. Ce jeudi, France Inter et Konbini, en partenariat avec France Bleu, consacrent une journée spéciale à ces jeunes qui ont 20 ans en 2021. Pour mieux comprendre leur situation, voici sept indicateurs qui montrent à quel point la situation de la jeunesse s'est dégradée entre 2019, avant la pandémie, et 2021, alors que l'horizon semble encore flou. 

Huit jeunes sur dix subissent "des préjudices importants"

C'est le résultat d'un sondage publié le mois dernier par France Bleu et franceinfo : au total, huit étudiants sur dix disent avoir subi un préjudice du fait de la crise de la Covid-19 : 80% des 15-30 ans disent avoir "subi des préjudices importants" en raison de l'épidémie, que ce soit relatifs au pouvoir d'achat, à la santé mentale ou aux habitudes de vie. Ils sont donc 79% à penser qu'il "est bien triste d'avoir 20 ans dans les années 2020" (ce que pensent aussi 74% de l'ensemble des Français).

Un jeune sur six a arrêté ses études

À cause de la crise, de la fermeture des universités en raison du confinement, et de la précarité entraînée par les différentes conséquences de la pandémie, un jeune sur six a dû cesser ses études, en particulier à l'issue du premier confinement, à la fin de l'année scolaire et universitaire. C'est ce qu'il ressort d'un rapport d'enquête parlementaire dirigée par Marie-George Buffet (PCF) et Sandrine Mörch (LREM) en décembre dernier sur les effets de la crise de la Covid-19 sur les plus jeunes. 

21,8% des jeunes de 18 à 25 ans sont au chômage

Selon les derniers chiffres du chômage publiés début janvier, au troisième trimestre de 2020, 21,8% des jeunes de 18 à 25 ans étaient au chômage, soit 619 000 jeunes. Cela représente une hausse de 16% en un an. Le taux d'emploi a reculé quatre fois plus dans cette catégorie d'âge que dans l'ensemble de la population. Par ailleurs, dans cette même tranche d'âge, la précarité de l'emploi est plus forte : en 2019, 52,7% des 15-24 n'étaient employés qu'en CDD. 

Un tiers des jeunes a renoncé au moins une fois à des soins

C'est un autre aspect mis en lumière par le rapport parlementaire publié en décembre dernier : un tiers des jeunes a renoncé à des examens ou des soins médicaux. Ce chiffre n'est pas nouveau : en 2016, il y avait déjà 30% d'étudiants et d'étudiantes qui disaient avoir déjà renoncé à des soins en raison de problèmes financiers. Mais en 2020, les motifs de renoncement ont évolué : sur les 30% de jeunes Français et Françaises qui ont renoncé aux soins, 43% ont déclaré préférer attendre que les choses aillent mieux d'elles-mêmes, 38% disaient avoir peur d'être contaminés par la Covid et 26% estimaient qu'il y avait trop d'attente pour un rendez-vous. 

Les addictions ont progressé de 31%

C'est un autre enseignement de l'étude publiée par France Bleu et franceinfo : 31% des jeunes disent que leur addiction a gagné du terrain depuis le début du confinement. Le tabac est celle qui a le plus avancé. Mais il y a aussi 16% des jeunes qui ont augmenté leur consommation d'alcool, et 7% leur consommation de drogues. 

Un tiers des moins de 30 ans a déjà consulté un psy

Encore un chiffre tiré de l'étude "Avoir 20 ans en 2021" de France Bleu et franceinfo : au moment du sondage, qui a été réalisé mi-janvier, plus du tiers des jeunes Français et Françaises sondés disaient avoir déjà consulté un professionnel de santé pour des questions d'ordre psychologique, ou affirment envisager de le faire. C'est six points de plus que pour l'ensemble des Français. Selon Laurent Gerbaud, président de l'Association des directeurs de services de santé universitaire, pendant le premier confinement, les demandes de consultation psychologique au sein de ces services ont connu une hausse allant de 56% à 83% selon les établissements, expliquait-il dans une interview au Monde

Le service d'aide Nightline a vu ses consultations augmenter de 40%

Cette ligne gratuite, assurée par des étudiants qui répondent aux appels et aux messages de détresse et de solitude d'autres étudiants, est ouverte chaque soir de 21h jusqu'au milieu de la nuit. Alors que certaines villes ont vu se développer de nouvelles antennes de ce service, celui-ci s'est retrouvé de plus en plus demandé, avec des hausses d'appels jusqu'à 40% par rapport à la normale, notamment pendant le premier confinement.