L'an dernier, confinement oblige, les ventes de produits sur internet ont augmenté de plus de 30%. La vente en ligne de services, en revanche, a dévissé, comme pour le secteur des voyages et des loisirs.

Les ventes en ligne des enseignes magasins de France ont progressé de 53% en 2020, avec des pics à +100% pendant les deux confinements
Les ventes en ligne des enseignes magasins de France ont progressé de 53% en 2020, avec des pics à +100% pendant les deux confinements © AFP / John MACDOUGALL

Bilan du e-commerce en 2020 le confirme: la crise sanitaire a bien transformé, à marche forcée, les pratiques de consommation numérique. Le dernier rapport de la Fevad (Fédération du e-commerce et de la Vente à Distance) indique que les ventes sur internet atteignent  désormais 112 milliards d’euros, soit un bond de 8,5% effectué en un an. Et c'est le commerce de détail qui a profité de cette nouvelle tendance, puisque les ventes en lignes dans ce secteur sont passées de 9,8% en 2019 à 13,4% l'année suivante. Le panier moyen s’élève à 61 euros en 2020 (contre 59 euros en 2019). 

Nouvelles pratiques d'achat, nouveaux rythmes de vente à l'année

Le premier confinement, au printemps 2020, a amorcé la pompe d'un nouveau rythme de ces ventes sur internet, qui sont restées à un haut niveau jusqu'à l'automne et son second confinement. Puis l’accélération des ventes a été particulièrement marquée au dernier trimestre, avec la fermeture des commerces dits "non-essentiels" avant le temps des achats de Noël.  Dès lors, la période novembre-décembre a connu une hausse de 23% par rapport à Noël 2019, tandis que les ventes de produits et services ont atteint 25 milliards d’euros.

83% des cyberacheteurs qui ont commandé davantage sur le web ont aussi dépensé plus qu’habituellement, ce qui est confirmé par la légère hausse du prix du panier moyen.

La livraison à domicile a toujours le vent en poupe, choisie par 85% des cyberacheteurs, tandis que le développement du click & collect a bondi de 41% par rapport à l'an dernier. Sans compter que plus d’un quart des cyberacheteurs (25,7%) ont réalisé leurs achats sur le web auprès de leurs commerces de proximité.

Produits de beauté et de grande consommation : les grands gagnants

La vente de produits sur internet a explosé (+ 32% ) réussissant sa mission d’amortisseur économique pour les magasins physiques : logiquement, les grandes enseignes en ont tiré profit , avec une progression de +53% de leurs ventes sur l'année, avec des pics à +100% pendant les deux confinements (accélération des livraisons à domicile, du click & collect et du drive).

Par ailleurs, les commandes de repas en ligne ont aussi eu le vent en poupe en 2020. Près de 30% des cyberacheteurs ont augmenté leurs commandes de cette nature, avec, pour plus de la moitié d’entre eux, la motivation première d’apporter leur soutien aux restaurateurs.

Les voyagistes en panne sèche

L'étude de la Fevad note aussi que la crise sanitaire a ses grands perdants du e-commerce : si la vente de biens sur internet en a profité, la vente de services, elle, a chuté de 10 % . Pour les acteurs du voyage-tourisme, qui subissent en effet de plein fouet les restrictions de circulation, le bilan 2020 est même actuellement de -47% par rapport à 2019. Malgré une légère amélioration de la situation au cours de l’été, les nouvelles mesures de confinement prises à l’automne sont venues enfoncer le clou. 

Enfin la Fevad  tempère aussi : le développement du commerce en ligne n'a pas permis de compenser les pertes du commerce classique.