Un baromètre Odoxa pour la Banque française mutualiste, "L'Obs" et France Inter publié ce mercredi confirme l'attachement des Français à leurs services publics. Avec un paradoxe : l'opinion publique est à la fois favorable à la réforme du secteur public et à la mobilisation du 22 mars.

Manifestation des fonctionnaires des services de police deux jours avant la grande mobilisation du 22 mars.
Manifestation des fonctionnaires des services de police deux jours avant la grande mobilisation du 22 mars. © AFP / Estelle Ruiz / CrowdSpark

Le baromètre Odoxa pour la Banque française mutualiste, L'Obs et France Inter, publié ce mercredi, livre une image intéressante de la relation entre les Français et leurs services publics.

À la veille d'un mouvement de grève qui s'annonce suivi pour défendre la fonction publique, Odoxa note à la fois une opinion publique favorable au mouvement social mais aussi aux réformes que souhaite mettre en place le gouvernement.

Un secteur public toujours plébiscité

La grève du 22 mars est ainsi "justifiée" pour 55  % des Français interrogés. Une position partagée sans surprise par 82  % des salariés du secteur public. 

"On a un soutien très fort de l'opinion publique à leurs fonctions publiques. Plus des deux tiers des sondés se disent satisfaits de leurs services publics. Ils ont une très bonne image des salariés du secteur public et ont l'impression que ces derniers sont attaqués sur leurs fondamentaux", commente Gaël Sliman, président d'Odoxa.

Ces Français si satisfaits des services publics craignent une dégradation à l'avenir de la fonction publique, liée non pas aux salariés eux-mêmes, mais au fait qu'il "n'y a pas assez de moyens", ce qui tend à expliquer pourquoi 24  % des salariés du public et 13  % des ceux du privé envisagent de participer à la mobilisation du 22 mars.

Un soutien dont s'étonnent les auteurs du baromètre, tant il est nouveau : les récentes mobilisations de la SNCF ou d'Air France avaient plutôt suscité du rejet d'après les précédents sondages d'Odoxa sur le sujet.

Réformer pour éviter une dégradation des services

Pour préserver la qualité du service public, l'opinion se montre favorable aux réformes proposées par le gouvernement. À l'exception des réformes sur l'emploi, et notamment la diminution globale du nombre de fonctionnaires ou le recours accru aux contractuels, respectivement rejetés par 48 et 50 % des sondés, toutes les autres propositions sont soutenues par au moins 6 Français sur 10.

La mise en place d'un plan de départs volontaires est l'une des choses les plus approuvées par les sondés, remarque Gaël Sliman : "Plus des trois quarts des Français seraient d'accord avec cette mesure à peine évoquée par le Premier ministre." 

Une position partagée également par – et c'est le plus étonnant – les salariés du secteur public eux-mêmes : "C'est la seule mesure envisagée par le gouvernement qui soit soutenue par les salariés du secteur public eux-mêmes et très massivement. Il y a peut-être là un élément de concertation entre les syndicats et le gouvernement."

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