La saisie la plus importante a été réalisée par les services douaniers du Havre. Elle porte sur 150 tonnes de déchets de plastique exportés vers la Malaisie.

En juin 2017 la douane française a réalisé 16 constatations d’envergure et intercepté 332 tonnes de déchets
En juin 2017 la douane française a réalisé 16 constatations d’envergure et intercepté 332 tonnes de déchets © Douane française

332 tonnes de déchets ont été saisis par la douane française en un mois, selon le ministère des Finances.

Ces constatations ont majoritairement porté sur des conteneurs de pièces détachées automobiles usagées, de déchets de plastique, de déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE), de pneumatiques usagés. Ces décehts partaient illégalement vers l’Afrique (Sénégal, Mauritanie, Togo, Côte d’Ivoire, Madagascar, etc), Hong-Kong, la Malaisie et le Brésil.

Au cours du mois de juin, la douane française a participé à une vaste opération internationale de contrôle sur les transferts transfrontaliers de déchets dont les résultats ont été annoncés mardi par Interpol", précise le communiqué.

Le Havre hot-spot des trafics

La saisie la plus importante a été réalisée par les services douaniers du Havre. Elle porte sur 150 tonnes de déchets de plastique exportés vers la Malaisie sous couvert d’un document inapplicable.

La plus grande opération de coordination policière montée par Interpol

Ce bilan de la Douane française entre dans le cadre d'une opération menée par Interpol, baptisée "Trente jours d'action". Elle s'est étalée du 1er au 30 juin. Interpol a annoncé la saisie dans le monde de plus d'un million et demi de tonnes de déchets illégaux en juin. C'était la plus grosse opération jamais menée, avec la participation de 43 polices.

Les déchets illégaux saisis sont pour l'essentiel des rebuts électroniques ou métalliques, provenant généralement à l'industrie automobile. D'’après le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement) et une enquête de 2015, les seuls déchets électroniques représenteraient un marché de 17 milliards d’euros.

"Cela montre ce que l'on peut faire quand les pays œuvrent ensemble pour détecter, interrompre et empêcher la criminalité en matière de pollution", s'est félicité Joseph Poux, du département américain de la Justice, cité dans un communiqué de l'agence de coopération policière internationale, dont le siège est à Lyon.

Combattre les mafias du déchets

Cette opération constitue un avertissement en direction de la criminalité spécialisée dans ce type de trafic, a relevé M. Poux.

L'opération a permis de recenser 85 sites où avait été déposées en dehors de toute légalité plus d'un million de tonnes de déchets. 326 personnes et 244 compagnies sont de plus mises en cause pour des délits d'ordre criminel ou administratif.

L'Asie et l'Afrique sont les principales destinations des déchets exportés illégalement depuis l'Europe ou l'Amérique du nord, mais il existe aussi n trafic existant entre pays européens.

Ainsi, selon les douanes néerlandaises plus de dix mille tonnes de déchets qui pourraient faire partie d'un trafic au sein même de l'Europe ou actif entre les Pays-Bas et l'Afrique occidentale, ou encore l'Asie du Sud ou du Sud-Est.

L'opération a également permis la mise au jour de nouveaux circuits pour ce type de trafic, empêchant notamment le transfert de 300 tonnes de déchets dangereux depuis Chypre vers l'Amérique centrale, alors que cette dernière région n'était pas spécifiquement jusqu'ici liée à ce type de trafic.

Le trafic de déchets, où la criminalité organisée est active, cherche à profiter des différences existant entre les pays et les régions dans la gestion de ce type de produits, ou encore de législations laxistes. Son coût sur l'environnement est considérable, pouvant être à l'origine de la pollution des sols, de l'air ou de l'eau.

Ce phénomène figure pour ces cinq prochaines années comme l'une des priorités de l'Union européenne dans la lutte contre la criminalité organisée.

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