Un peu de radioactivité a été détectée dans l'atmosphère dans le sud-est de la France entre fin septembre et mi-octobre. Pour l'instant son origine reste mystérieuse.

L'origine de la pollution radioactive a été identifé entre la Volga et l'Oural. I
L'origine de la pollution radioactive a été identifé entre la Volga et l'Oural. I © AFP / MACIEJ MOSKWA / NURPHOTO

Entre fin septembre et début octobre, plusieurs réseaux européens de surveillance ont détecté un produit radioactif, le ruthénium-106, produit de fission issu de l'industrie nucléaire, par ailleurs utilisé pour des traitements médicaux. 

En France, les stations de surveillance de Nice (Alpes-Maritimes), d'Ajaccio (Corse-du-Sud) et de La Seyne-sur-Mer (Var) en ont détecté des traces entre le 27 septembre et le 13 octobre. 

Est-ce dangereux ?

Les niveaux relevés dans le sud-est de la France, précise l'IRSN dans son rapport d'enquête, "sont sans conséquence tant pour la santé humaine que pour l'environnement".        

En revanche pour les populations vivant à coté de la source d'émission de ce ruthénium c'est beaucoup plus dangereux. 

Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire et directeur de la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad) estime  "inquiétant" et "invraisemblable" que plus d'un mois après, on ne sache rien de l'origine de ce rejet. 

Détection de ruthénium -106 dans l'atmosphère européenne en septembre et octobre 2017
Détection de ruthénium -106 dans l'atmosphère européenne en septembre et octobre 2017 © Visactu / Visactu

D'où ce nuage vient-il ? 

L'IRSN considère que dans la grande région sud Oural, il y a une probabilité importante d'avoir eu cette source, si cette source est une source terrestre.  Mais les autorités russes, elles, ont dénié vendredi toute responsabilité.

Cela vient-il d'une centrale nucléaire ? 

L'IRSN écarte toute possibilité d'un rejet issu d'une centrale nucléaire, car on aurait mesuré d'autres radionucléides [isotopes radioactifs d'un élément] artificiels, présents dans les rejets des centrales. L'hypothèse la plus probable pour Jean-Marc Peres, c'est "peut-être un rejet issu d'une installation de traitement de combustibles usés, ou une installation qui permet de fabriquer des sources de ruthénium qui sont destinées au milieu médical, mais en aucun cas cela ne peut être une centrale nucléaire."                      

Si ce n'est pas en Russie qu'il faut chercher, cela vient-il d'un autre pays ?

Aucun pays ne s'est manifesté ou  n'a déclaré être à l'origine de cette pollution. 

Faut-il lever le nez, et penser à une source venue du ciel ?

Selon Jean-Marc Peres, c'est peu probable  : "Il pourrait y avoir une source atmosphérique, par un satellite. Jusqu'à ce jour, nous avons écarté cette possibilité parce que nous n'avons pas de connaissance de chute d'un satellite."                       "Depuis le 13 octobre", précise l'IRSN, "le ruthénium-106 n'est plus détecté en France." Aucun pays n'a déclaré à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) être à l'origine de ce rejet.

La France a-t-elle été assez prudente ? 

Non. Ni elle ni les autres pays européens. A lire les déclarations d'experts français, personne n'a tiré de sonnette d'alarme sur ce "nuage".  Ni la France ni ses voisins, n'ont demandé de prélèvements de sol, sur les végétaux, ne serait-ce qu' au niveau des terrains des ambassades. Les avions qui ont survolé l'Oural, auraient pu être inspectés pour voir s'ils avaient "récollecté" des traces de radioactivité. 

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