Les manifestations prévues ce samedi contre les violences faites aux femmes étant pour la plupart annulées avec le confinement, comment se mobiliser depuis chez soi ?

Manifestation pour protester contre la nomination de Gérald Darmanin au poste de ministre de l'Intérieur et d'Eric Dupond-Moretti comme Garde des sceaux du gouvernement Castex.
Manifestation pour protester contre la nomination de Gérald Darmanin au poste de ministre de l'Intérieur et d'Eric Dupond-Moretti comme Garde des sceaux du gouvernement Castex. © Radio France / Nathanael charbonnier

Avec le confinement, impossible de manifester le 21 novembre contre les violences sexistes et sexuelles, comme chaque année. A défaut, le collectif #NousToutes propose de se mobiliser en ligne. Mais comment ?

1. Participer à une action virtuelle

Toute la journée de samedi, le collectif proposera des actions à suivre en ligne. Pour se coordonner, #NousToutes vous invite à vous inscrire en ligne. Des instructions vous seront ensuite envoyées via la messagerie WhatsApp. 

Parmi les actions : interpeller des parlementaires et des membres du gouvernement sur l'absence de politique publique ambitieuse en matière de violences sexistes et sexuelles, partager des visuels sur vos réseaux sociaux, ou partager un quiz sur les chiffres clés des violences sexuelles. "Le but de faire monter le niveau de conscience et de connaissance du problème dans la société", explique Caroline De Haas, fondatrice du collectif #NousToutes. 

Toute la journée de samedi, le collectif #NousToutes proposera des actions coordonnées à suivre en ligne.
Toute la journée de samedi, le collectif #NousToutes proposera des actions coordonnées à suivre en ligne. / #NousToutes

2. Participer à une formation ou à un échange en ligne

Le collectif propose des formations gratuites, en ligne, accessibles à un millier de personnes à la fois. Elles durent entre 30 minutes et une heure chacune. Les inscriptions sont malheureusement déjà complètes, mais vous pourrez retrouver toutes les formations sur la page Facebook au fur et à mesure. 

Les formations :

  • "L’histoire des violences sexistes et sexuelles",
  • "Les violences sexuelles : définitions et chiffres clés",
  • "La culture du viol",
  • "Les mécanismes des violences",
  • "Éduquer à la non-violence",
  • "Comment accompagner une victime de violences ?",
  • "Prendre soin de soi quand on milite sur les violences".

Il existe d’autres formations déjà en ligne, plus longues. Celle de Caroline de Haas est aussi déjà accessible

Toute la journée de samedi, #NousToutes animera également des directs avec des militantes et militants féministes sur son compte Instagram. Lauren Bastide, Sonia Bisch, Alice Coffin, Anita Traoré font notamment partie des invitées. 

3. Faire un don à une association

Si vous ne savez pas à qui donner, le plus simple est encore de faire un don à la Fondation des femmes, qui redistribue les gains aux associations. "Tous les dons sont importants, même les plus petits", rappelle Caroline De Haas.

Le collectif #NousToutes a lui aussi partagé une cagnotte en ligne pour aider à couvrir les frais d’organisation de cette journée de mobilisation. 

4. S’informer 

S’informer, c’est déjà s’engager : qu'est-ce qu'un viol selon la loi ? Quand y a-t-il harcèlement sexuel ? Qu’est-ce que l’outrage sexiste ? Quels sont les mécanismes des violences ? Que dire à un femme victime ? Il existe des définitions claires sur le site de #NousToutes

Que dire à une femme victime de violence ?
Que dire à une femme victime de violence ? / #NousToutes

Il existe aussi des newsletters, qui arrivent directement dans votre boîte mail. Par exemple celle des Glorieuses, qui s'appuie sur l’actualité, Women Who Do Stuff, qui présente des femmes et leurs projets, ou encore la What’s good, qui recommande des séries, films, musiques, etc. 

Pour s'informer de façon ludique, pensez aux podcasts : Les couilles sur la table, La Poudre, Quoi de meuf, un Podcast à soi... Et si vous préférez lire un livre, Caroline de Haas conseille un classique Ainsi soit-elle, de Benoîte Groult, Sexe, race, classe : pour une épistémologie de la domination, d'Elsa Dorlin, pour acquérir une solide base théorique, L'Empreinte, d'Alexandria Marzano Lesnevich, un livre-témoignage poignant, ou encore le roman d'Hanan El-Cheikh, Toute une histoire. Il existe aussi de nombreuses BD. Quelques exemples : Le monde d'Aïcha d'Ugo Bertotti, Radium Girls de Cy, En chemin, elle rencontre, une série de bandes dessinées collectives. 

5. En parler autour de soi

"Plus nous serons nombreuses et nombreux mobilisés le 21 novembre, plus nous réussirons à faire bouger la société", insiste le collectif #NousToutes. Parler de la journée de mobilisation autour de vous, c’est déjà en soi faire bouger les lignes. 

Ceci étant dit, vous n'avez pas forcément besoin de vous lancer dans un débat avec quelqu’un qui n’a pas envie d’être convaincu. Mais si vous vous en sentez le courage, Caroline De Haas a trois conseils à vous soumettre : "D'abord, commencer par les chiffres. On peut se mettre d'accord sur le fait qu'il y a un problème, grâce aux chiffres. Puis rappeler la loi, qui dit que oui, les violences sexuelles ou sexistes, c'est grave. Enfin, faire le parallèle avec d'autres types de violences, d'autres stéréotypes sur lesquelles les gens sont d'accord." 

Voici quelques chiffres pour vous donner du grain à moudre : 

"Pour mettre tout le monde d'accord, commencez par donner des chiffres", conseille Caroline De Haas.
"Pour mettre tout le monde d'accord, commencez par donner des chiffres", conseille Caroline De Haas. / #NousToutes
En France, 32% des femmes ont déjà subi du harcèlement sexuel au travail, selon une enquête Ifop.
En France, 32% des femmes ont déjà subi du harcèlement sexuel au travail, selon une enquête Ifop. / #NousToutes

6. Rejoindre une association

Si cette journée d’action vous a plu, pourquoi ne pas rejoindre le comité local d’une association et aider à l'organisation d’actions tout au long de l’année ? Mais comment s'y retrouver ? Le collectif Women who do stuff a créé cette carte recensant les associations qui ont besoin de bras : 

En Ile-de-France, le centre Hubertine Auclert en a aussi créé une, accessible ici.

Le violentomètre, un outil simple et utile pour "mesurer" si sa relation amoureuse est basée sur le consentement et ne comporte pas de violences.
Le violentomètre, un outil simple et utile pour "mesurer" si sa relation amoureuse est basée sur le consentement et ne comporte pas de violences. /

Si vous êtes vous-même victime de violences, vous pouvez appeler le 3929, Violence Femmes Info. L’appel est gratuit, anonyme et n’apparaît pas sur les factures de téléphone. Il est accessible de 9h à 19h du lundi au samedi.

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