Grace à un appel à témoins lancé fin juin, la police italienne a pu donner un nom à la dépouille retrouvée il y a 13 ans dans les Alpes. L'homme s’appelait Henri Le Masne et était né Oloron-Saint-Marie dans les Pyrénées Atlantiques

Henri Le Masne a pu être identifié notamment grâce à la photo envoyée par son frère à la police italienne
Henri Le Masne a pu être identifié notamment grâce à la photo envoyée par son frère à la police italienne © AFP / Handout / ITALIAN POLICE

Faute d'avoir réussi à identifier le skieur, mort dans les années 1950 et dont les restes et les équipements avaient été découverts en 2005, à 3 100 mètres d'altitude, sur le Cervin en vallée d'Aoste, la police italienne a fini, début juin, par lancer un appel à témoins en France, via Twitter, pour l'identifier.

D'après les objets retrouvés sur lui, les policiers estimaient en effet que "l'homme était aisé et probablement pas Italien" et que c'est pour cette raison que les recherches dans la péninsule n'avaient donné aucun résultat.

Le communiqué de la police italienne faisait état du corps d'"un homme d'environ 30 ans, mesurant 1,75 m et qui portait sur sa chemise des initiales MM". Ses skis Rossignol et sa montre Omega "un modèle destiné aux colonies françaises" faisaient penser que le skieur pourrait être de nationalité française. On avait également retrouvé une paire de lunettes.

Une Française, Emmanuelle Le Masne, s'est manifestée après avoir entendu l'information à la radio. L'histoire de cette disparition lui faisait penser à son oncle, Henri Le Masne, né en 1919 à Oloron-Saint-Marie dans les Pyrénées Atlantiques.

Roger Le Masne, le petit frère du disparu, âgé de 94 ans, a envoyé un mail à la police italienne indiquant que son frère, Henri Le Masne, "célibataire, était un personnage plutôt indépendant. Il travaillait dans l'administration civile du ministère des Finances à Paris". À l'époque de la disparition, Roger Le Masne s'était rendu dans l'hôtel de montagne où son frère avait réservé une chambre. Il n'était jamais revenu d'une sortie à ski effectuée le 24 mars 1954. 

"On m'a demandé des photos, raconte Roger le Masne à Thibaut Cavaillès. "J'ai pu envoyer une photo où il avait ses lunettes et la police a reconnu les lunettes qu'ils avaient retrouvées." 

Pour confirmation, la police italienne lui a demandé un prélèvement salivaire afin de réaliser un test ADN. "Le test a été parfaitement concordant, donc c'est la preuve, il n'y a pas de doute." Le 24 juillet, Henri Joseph Leonce Le Masne a été formellement identifié.

"J'ai été très heureux de cette conclusion que je n'attendais plus", explique Roger Le Masne. "Nous allons pouvoir organiser des funérailles familiales catholiques, comme on le fait toujours dans notre famille, une chose qu'on ne pouvait pas faire tant que le corps n'était pas retrouvé. Mon frère reposera avec notre père et mon épouse dans la tombe de famille."

Des obsèques dont la date n'est pas fixée. La famille n'a pour l'instant pas pu récupérer la dépouille. "On attend. D'après les Italiens ce sera peut-être dans plusieurs mois, explique Roger Le Masne. J'espère que la police italienne nous permettra de récupérer le corps, même si, 64 ans après, je ne suis plus à deux mois près."

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