55 000$ pour la salade de pataes financée sur internet
55 000$ pour la salade de pataes financée sur internet © corbis / Harald Walker

En lançant son projet de crowdfunding, il y a un mois, Zack, internaute américain de Colombus, Ohio, ne pensait pas révolutionner le petit monde du financement participatif. Non, il voulait juste préparer la première salade de pomme de terre de sa vie, et proposait aux bonnes âmes de kickstarter.com de lui donner un ou deux dollars pour acheter les ingrédients.

30 jours plus tard, fin du compte-à-rebours, le compteur se bloque à 55 492$, soit 41 000€ .

La #potatomadness a envahi la toile

L’initiative déjantée de Zack aura entretemps secoué la communauté des crowdfunders qui s’endormait un peu sur son succès, et avait furieusement besion d’un peu de fraîcheur, d’autodérision, le tout relevé de mayonnaise et d’oignons émincés. C’est justement ça que le trentenaire entreprenant a vendu derrière sa salade de patate, un peu de sauce piquante dans la soupe des milliers de projets qui encombrent désormais les portails Ulule, Kisskissbankbank et autres Kickstarter.

Et en matière d’autodérision, Zack sait y faire : quand il ne fait pas presser des tee-shirts à la gloire de la potato salad (le garçon n’est pas dénué de sens commercial), il publie de petites vidéos qui moquent gentiment les films postés avec les projets de crowdfunding pour séduire les internautes.

En cuisinant une salade de patate, nous allons faire d’un plat familier une oeuvre d’avant-garde, et rendre l’avant-garde familière… et vice-versa. Nous avons entrepris de redéfinir ce que nous attendons d’une salade, et ensemble, nous initions un mouvement. Est-ce que ça va changer le monde ? Probablement.

Une potato-salad-party organisée à Colombus, Ohio

Que Zack ait été dépassé par le succès de sa blague de potache, c’est peu dire. Mais, le jeune homme l’a bien cherché. Alors pour remercier les près de 7 000 internautes qui ont mis la main à la poche, il a promis de louer la salle des fêtes de sa ville dans l’Ohio, et d’y inviter tout le monde, autour bien entendu d’une assiette de salade. Mais pour être en cuisine avec lui et préparer la fameuse entrée, il faut avoir donné au moins dix dollars.

Alors, vacuité de l’internet participatif, indécence des sommes mobilisées, manipulation marketing déguisée ? Sans doute, mais avec un peu de mayonnaise et beaucoup de second degré, c’est fou ce que ça passe mieux !

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