Dans plusieurs villes d'Île-de-France se profilent des décharges sauvages, faute de collaboration efficace entre les municipalités et la communauté d'agglomération, qui se renvoient la balle.

La rue de Paris, à Bobigny, où s'amoncellent des déchets
La rue de Paris, à Bobigny, où s'amoncellent des déchets © Radio France / Clarisse Matta

Des décharges sauvages fleurissent un peu partout en Île-de-France. Sur les plaines, dans les rues, les déchets s’amoncellent. A Bobigny, cela fait plus de dix ans que la rue de Paris, à la limite entre la ville et celle de Noisy-le-Sec, est encombrée par les ordures. Cet axe fait partie du projet Grand Paris géré par la communauté d’agglomération Est Ensemble. Les interlocuteurs sont multiples et la situation à bout de souffle.

Dans cette rue où s'empilent les sacs poubelles, l'odeur, irrespirable, prend à la gorge. Entreprises et particuliers déposent ici leurs ordures et les trottoirs de la rue de Paris ont des allures de décharge à ciel ouvert.

Fabienne Lichentin dirige la câblerie Daumesnil. Son entreprise est installée ici depuis 30 ans, dont dix dans ces conditions. Au micro de Clarisse Matta, elle raconte l'obligation de "marcher sur la route" et l'image, surtout, que cela donne aux clients comme aux salariés. Ces derniers, elle a d'ailleurs du mal à les recruter.

Utiliser les caméras de surveillance pour verbaliser les incivilités

Noisy le sec, Bobigny, la communauté d’agglomération Est Ensemble… Sept interlocuteurs différents s’occupent de cette zone. "Tout le monde décide de faire des économies en même temps" déplore Fabienne Lichentin, qui les a tous contactés, sans succès : "Lorsque vous poussez un cri, ils vous disent 'c'est pas moi, c'est l'autre'." 

Du côté de la mairie de Bobigny, c’est Est ensemble qui est pointée du doigt. Ils gèrent neuf communes et sont en charge du ramassage des ordures.

La responsable de la question des déchets, Marie-Rose Arangé, reporte la responsabilité sur l’incivilité des entreprises. La solution ? La verbalisation. Mais pour cela, "il faut faire uniquement du flagrant délit", impensable matériellement aujourd'hui. "Il faudrait que nos systèmes de verbalisation évoluent, plaident-elle, grâce aux caméras" installées dans les villes.

En discussion également : les frais de mise en déchetterie des entreprises, qui pourraient être remboursés pour inciter à ne plus déposer les déchets dans la rue.

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