Opération escargot sur l’A16, chaîne humaine au stade de Calais : les organisateurs réclament au plus vite le démantèlement du camp de réfugiés de la ville.

Les transporteurs routiers bloquent l'A16 pour réclamer une date précise de démantèlement du camp de réfugiés à Calais
Les transporteurs routiers bloquent l'A16 pour réclamer une date précise de démantèlement du camp de réfugiés à Calais © AFP / PHILIPPE HUGUEN / AFP

Deux cortèges se sont ébranlés, lundi matin, dès 8h00 sous une pluie fine : une quarantaine de camions à Loon-Plage (Nord), et une trentaine à Boulogne-sur-Mer, tous mobilisés pour bloquer l’A16 en direction de Calais. L’axe est la principale autoroute des échanges avec l’Angleterre, et dessert le port de Calais ou le tunnel sous la Manche. Les agriculteurs rejoignent le mouvement en cours de route.

Des commerçants calaisiens et des employés du port ont aussi organisé une chaîne humaine, avec près de 400 personnes, à l'appel du "Grand Rassemblement pour le Calaisis": une première depuis le début de la crise migratoire dans la région. Les acteurs socio-économiques du Calaisis dénoncent les nuisances créées par la présence des migrants installés dans la jungle de Calais : intrusion dans les champs, camions endommagés ou perte de chiffre d’affaires.

Écouter le reportage de Géraldine Hallot à Calais : "On travaille la boule au ventre"

C'est devenu infernal dans le secteur. Les camions sont abîmés, les rétroviseurs cassés, comme les pare-brise, les bâches, et après si on retrouve quelqu'un dansd les remorques, c'est nous qui payons. On est devenus les passeurs (Eric, routier sur la route de Calais).

Régulièrement, des migrants de la "Jungle" venus notamment du Soudan, d'Afghanistan ou d'Erythrée, créent des barrages sur la rocade portuaire avec des barrières ou des arbres pour forcer les camions à s'arrêter et tenter de s'y cacher afin d'atteindre l'Angleterre.

Routiers, agriculteurs et commerçants estiment que l’annonce d’un démantèlement prochain de la jungle, faite vendredi par Bernard Cazeneuve ministre de l'Intérieur, ne suffit pas. Ils veulent une date précise pour l’évacuation et demandent une protection de leurs outils de travail respectifs.

Des élus locaux dans la manifestation 

Cette manifestation a été brièvement conduite par des élus du Calaisis, dont la maire de Calais Natacha Bouchart (LR) venue "partager la souffrance des Calaisiens", brandissant un tee-shirt "J'aime Calais", et le député PS Yann Capet."Calaisiens enfermés, migrants libres!" ou "Le gouvernement doit déclarer le Calaisis en état de catastrophe économique", pouvait-on lire sur des banderoles de la Fédération du commerce du Calaisis.

Selon la préfecture du Pas-de-Calais, 6.900 migrants sont présents dans la "Jungle", un chiffre record en progression de 53% par rapport à la mi-juin. Des associations parlent quant à elles de plus de 9.000 personnes.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.