l'expatriation des diplômes français n'a encore rien d'une fuite
l'expatriation des diplômes français n'a encore rien d'une fuite © reuters

Les jeunes diplômés des quartiers "prioritaires" connaissent un taux de chômage trois fois supérieur à celui des autres à diplôme égal. Voilà l'une des conclusions du rapport de l’Observatoire national de la politique de la ville, publié ce mardi 3 mai.

Un triste bilan pour la vie économique des banlieues françaises. L'Observatoire national de la politique de la ville a publié ce mardi 3 mai, un rapport sur l'année 2014 montrant la situation de l'emploi dans les quartiers dits "prioritaires". Pour les titulaires d'un Bac +2 issus d'un quartier populaire le taux de chômage est de 18,8% contre 6,5% pour ceux des unités urbaines proches. Cette différence est également présente pour les jeunes moins diplômés. Le taux de chômage dépasse les 31 % pour les personnes sorties du système scolaire sans BEP ni CAP.

Même avec un diplôme élevé, quelle que soit l’origine, les habitants des quartiers sont fortement exposés au chômage », souligne l’ONPV.

On savait le niveau de chômage plus élévé dans les quartiers prioritaires, la crise les ayant plus fortement marqués. Le rapport de l'ONPV vient confirmer cette tendance. Dans ces quartiers, le taux de chômage des 15-64 ans est de 26,7 %, contre près de 10 % pour les agglomérations dont ils font partie. Pour les titulaires d'un Bac +5 ou plus, 53% d'entre eux occuperont un poste de cadre contre 71% pour leurs voisins ayant le même niveau de diplôme. Discriminations, manque de réseau, les pistes d'interprétation sont vastes. À noter que depuis l'année dernière, des hausses de 3% du taux de chomage pour les jeunes sans qualification et une hausse de 2% pour les Bac + 2 ont été enregistrées. Pascal Dieusart, en charge des données emploi au sein de l'Observatoire de la Politique de la Ville, évoque ces inégalités pour les jeunes diplômés.

Les femmes (aussi) exposées au chômage

Dans les banlieues françaises, les femmes sont également fortement exposées au chômage. Elles sont 48 % sans emploi, en particulier chez les moins de 30 ans et les plus de 50 ans. Ce taux peut s'expliquer par la plus grande proportion de familles monoparentales dans ces zones. Dans les faits, 46,3 % des femmes entre 25 et 64 ans élevant seules leurs enfants ont un emploi. En agglomération, ce taux est de 81,1 %.

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