Depuis le début du conflit, la direction n'a fait aucune concession sur les revendications des grévistes qui réclament une charte éthique, un projet et des moyens pour la chaîne

Les personnels d'iTELE toujours aussi mobilisé
Les personnels d'iTELE toujours aussi mobilisé © AFP / Simon Guillemin / Hans Lucas

Un mouvement massivement reconduit vendredi (83%) jusqu'à lundi 12h. Et une détermination toujours aussi forte car les grévistes n'ont obtenu toujours aucune avancée.

Quant au projet éditorial, les quelques pistes avancées par la direction n'ont pas de quoi les rassurer : une chaîne d'info à 90% qui le reste du temps offrirait de nouvelles émissions sur l'Europe, les femmes d'exception et davantage de sport. Voilà les maigres informations sur le projet de la future CNews obtenues en CE jeudi. Des pistes qui font craindre aux équipes un virage en réalité vers plus de divertissement.

Quant à la fameuse Newsfactory que souhaite mettre en place Vincent Bolloré, qui réunirait iTELE et Direct matin, son quotidien gratuit, Jean-Christophe Thiery, le président du directoire du Canal Plus s'est contenté de qualifier le projet d'ambitieux, sans plus ample détails.

Le bras de fer est donc loin d'être terminé malgré la fatigue, le découragement palpable en fin de semaine dernière. Les salaires d'octobre sont tombés, amputés de moitié. Plusieurs piliers de la chaîne ont annoncé leur départ. Et la direction qui avait promis il y a cinq jours déjà de revenir vers les grévistes ne s'est toujours pas manifestée.

Une prochaine étape pourrait se jouer le 2 novembre devant le tribunal de grande instance, saisi en référé par le Comité d'hygiène et de sécurité (CHSCT) de Canal+ à propos du déménagement d'une partie des locaux d'iTELE, réalisé le week-end dernier sans son approbation. Les déménageurs avaient alors jeté une partie des affaires des journalistes d'ITELE à la benne.

Le lendemain, le conseil supérieur de l'audiovisuel examinera le dossier iTELE pour déterminer si la chaîne a violé plusieurs obligations de la convention qui la lie au gendarme de l'audiovisuel, comme la SDJ et les représentants syndicats de iTELE l'ont écrit dans une lettre au Conseil supérieur de l'audiovisuel. Des sanctions pourraient être décidées.

Cagnotte de solidarité

Depuis le lundi 17 octobre, les journalistes votent chaque matin la grève à plus de 80% des voix, communiquent et reçoivent le soutien de nombreuses autres rédactions en tweetant avec le hashtag #JesoutiensiTele. Après onze jours de grève, une cagnotte de solidarité a été lancée sur le net pour aider les petits salaires qui n'ont reçu ce mois-ci qu'une demi paie. Près de 400 personnes y ont déjà contribué. Elle s'ajoute à la solidarité des salariés d'iTELE eux même et de Canal +.

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