120 signalements ont entraîné le déplacement des équipes laïcité dans un établissement, indique ce mardi le ministère de l'Éducation. Parmi les faits recensés, le port de tenus ou de signes à connotation religieuse, ou encore les contestations d'enseignements.

37% des faits ont été recensés dans l'enseignement de 1er degré.
37% des faits ont été recensés dans l'enseignement de 1er degré. © Radio France / Stéphane Garcia

Environ 935 cas de signalements d'atteintes à la laïcité ont été enregistrés sur la période de septembre 2019 à mars 2020. C'est ce qu'indique le ministère de l'Éducation dans un dossier de presse transmis ce mardi, à l'occasion du séminaire national intitulé "Valeurs de la République". Parmi ces atteintes à la laïcité, 305 ont été traitées directement par les établissements concernés. Environ 630 ont fait l'objet d'une intervention d'une équipe académique. Et 120 ont entraîné le déplacement des "équipes laïcité et fait religieux" dans une école ou un établissement, afin d'accompagner l'équipe pédagogique. 

"Affermir la défense du principe de laïcité à l'École et en dehors"

"Depuis 2018, les équipes académiques Valeurs de la République, coordonnées par une équipe nationale et le Conseil des sages de la laïcité, interviennent partout où cela est nécessaire", déclare le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer dans le communiqué. "La future loi renforçant la laïcité et les principes républicains nous donnera les moyens d’affermir la défense de ce principe à l’École et en dehors, pour une plus grande protection des enfants et des jeunes."

De plus en plus d'atteintes des parents d'élèves

Six académies regroupent 53% des signalements, indique le ministère. Par ordre décroissant : les académies de Créteil, Grenoble, Normandie, Toulouse, Versailles, Nice, suivie de près par Lyon. C'est au sein de collèges que ces atteintes ont principalement été recensées (45 %). 37% des faits ont été répertoriés dans l'enseignement de premier degré (en progression), et 18% dans les lycées : "Nous continuons de constater que les atteintes aux valeurs de la République commencent de plus en plus tôt et notamment dès le primaire", note le ministère. Et si 57% des atteintes viennent des élèves, de plus en plus proviennent des parents : ces derniers représentent 22% des faits recensés en mars 2020, contre 19% en octobre 2019. 

Quels sont ces faits ? Le port de signes et de tenues, de vêtement à connotation religieuse - croix, turbans, voiles - reste le fait le plus répandu. Les deuxièmes faits les plus répertoriés, décrit le ministère, sont les "contestations d'enseignement", comme par exemple le refus de suivre le thème du programme d’histoire-géographie de 5e intitulé "Chrétientés et Islam (VIe-XIIIe siècles)", ou encore l'évitement du cours de natation. À noter aussi, une forte progression des suspicions de prosélytisme, qui ont triplé en mars 2020 par rapport à novembre 2019. 

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