Seuls les soignants sont autorisés à pénétrer dans ces "unité Covid-19" de prise en charge, à l'hôpital, des patients atteints du coronavirus. L'hôpital de Melun en Seine-et-Marne nous en a ouvert les portes.

Des soignants s'occupent d'un patient atteint de Covid 19, ici au CHU de Tours
Des soignants s'occupent d'un patient atteint de Covid 19, ici au CHU de Tours © AFP / GUILLAUME SOUVANT / AFP

C'est au coeur de l'hôpital, assez proche des urgences que s'est installée depuis plus d'un mois maintenant cette unité Covid-19. Pour y entrer il faut présenter son badge, seul le personnel soignant a normalement accès à ces couloirs qui distribuent quinze chambres, réaménagées pour assurer le suivi des patients atteints du coronavirus. "Normalement ces patients-là, on les mettrait plutôt en soins intensifs" explique le docteur Sylvain Benenati, responsable des urgences, "sauf que les soins intensifs sont transformés en réanimation,avec des respirateurs. Alors on accueille ici des patients qui ont un réel besoin en oxygène et dont l'état peut rapidement évoluer, afin de mieux les surveiller".

Une surveillance qui se fait en grande partie à distance, avec des moniteurs. Les malades sont équipés d’électrodes pour mesurer le rythme cardiaque, la saturation en oxygène. Ces mesures, leurs constantes, sont surveillées au bout du couloir, par des médecins qui scrutent leurs écrans, à l'affût du moindre dérèglement qui justifierait un passage en réanimation.

Organisés pour soulager les soignants

Cette organisation permet d'être moins au contact du malade, et moins souvent, à la fois pour soulager le personnel soignant et pour éviter de gaspiller les si précieuses protections que sont les masques, sur-blouses, et gants dont doivent s'équiper ceux qui entrent dans les chambres. "A chaque fois il faut tout mettre, la charlotte pour protéger les cheveux, des lunettes pour les muqueuses des yeux, les gants, les masques FFP2", détaille Jessica, infirmière au bloc obstétrique, appelée en renfort le matin-même. "Sauf que l'on manque de masques, alors on les garde toute la journée, même en sachant qu'ils ne sont plus efficaces au bout de quelques heures". Même ici, l'approvisionnement est tendu, admet Sylvain Benenati, le responsable des urgences, qui assure pour l'heure ne pas être en pénurie.

Pour ces quinze chambres, certaines portes ont des hublots. On aperçoit les patients allongés, équipés pour certains de perfusions. Il y a peu de mouvement dans le service, c'est le calme qui règne, loin de l'agitation que l'on pourrait imaginer aux urgences. Pas de famille croisée, non plus : "globalement les visites familiales sont extrêmement restreintes, voire interdites" explique Sylvain Benenati, "sur une fin de vie on va faire venir les proches, mais ça s'arrête là, sinon il y a un vrai risque de reprise de contagion" estime le médecin. Pour l’instant les quinze chambres ne sont pas toutes occupées. Mais le pic n’est pas encore là jugent les soignants, qui attendent avec impatience les sorties de malades guéris.
 

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