Cyclones de plus en plus intenses, perturbation de la saison des pluies, calendrier cultural bouleversé… 25% des espèces de l'île pourraient disparaître en cas d’augmentation de deux degrés.

Un lémurien "bambou" dans le parc national de Marojejy classé au patrimoine mondial de l’Unesco
Un lémurien "bambou" dans le parc national de Marojejy classé au patrimoine mondial de l’Unesco © Radio France / Sarah Tétaud

Alors que le rapport Planète Vivante 2018 déplore une réduction de 60% des populations d'espèces sauvages, à Madagascar, la faune et la flore subissent déjà les impacts du changement climatique.

25% des espèces pourraient disparaître en cas d’augmentation de la température de 2 degrés. Or de récentes projections tablent sur une augmentation de 2,6 degrés d’ici à 2055. Un désastre pour la biodiversité du pays, endémique à plus de 80%.

Les lémuriens, mammifères emblématiques de l’île, sont directement menacés. 

Quelles solutions pour réduire les impacts ?

Une aire protégée, déjà considérée par les scientifiques comme un refuge climatique pour ces primates, a été mise en place dans le parc national de Marojejy situé au nord de l'île et classé au patrimoine mondial de l’Unesco. On y trouve par exemple un lémurien au pelage blanc : le Simpona ou "propitecus soyeux".

Le lémurien "Simpona" espèce rare, classée parmi les 25 espèces les plus menacées au monde.
Le lémurien "Simpona" espèce rare, classée parmi les 25 espèces les plus menacées au monde. / Sarah Tétaud

Ils ne sont que 5 individus dans un territoire de 44 hectares

C’est ici, au cœur de cette forêt primaire humide de moyenne altitude, que vit cette espèce rare de lémurien, classée parmi les 25 espèces les plus menacées au monde. "Ils ne sont que 5 individus dans un territoire de 44 hectares" rappelle Mosesy Madiomanana, guide du parc national de Marojejy.

Erik Patel, grand spécialiste américain des primates malgaches et directeur de la Lemur Conservation Foundation, est très inquiet pour ces mammifères : "Beaucoup de modèles géospatiaux et climatiques ont montré assez précisément qu’à cause du changement climatique, plus de 90% des espèces sont menacées d’extinction."

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) explique qu’avec l’augmentation de la température, les habitats des lémuriens ne seront plus viables. Les animaux devront migrer pour survivre. Pour Harisoa Rakotondrazafy, chercheuse au sein de l’ONG : "Face au changement climatique, on doit vraiment beaucoup investir dans la gestion des corridors forestiers, c’est-à-dire de relier les forêts d’une zone à une autre zone pour vraiment faciliter cette migration des espèces vers ces refuges climatiques."

En attendant que les arbres des corridors forestiers artificiels poussent, l’urgence est de préserver les corridors existants et de stopper une déforestation galopante. En 2017, 3,8% de la couverture forestière de l’île a disparu. 

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