Invitée exceptionnelle du Téléphone sonne, la ministre de l'Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem a de nouveau défendu la réforme des rythmes scolaires dont elle a hérité, et assuré que les gouvernements successifs depuis 2012 ont fait progresser l'école... Même si la route est encore longue.

Pas question pour Najat Vallaud-Belkacem de se laisser accuser de détruire l'école, ou de ne rien faire pour améliorer la situation des élèves et des enseignants. "C'est ce que cherchent mes détracteurs, que je me disperse" lance la ministre. "Face à l'outrance, j'ai choisi le mépris ".

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Pour autant, elle est aussi consciente qu'il y a encore beaucoup à faire pour convaincre, en particulier sur un dossier : celui des rythmes scolaires. Un certain nombrede parents et de maires dénoncent une réforme qui ne fonctionne pas ? "On peut toujours trouver un cas particulier où les choses ne se passent pas bien. Mais ce que je demande, c'est qu'on nous le fasse remonter ". Et pas qu'on se contente d'accuser, comme le fait par exemple la municipalité de Marseille, taclée par la ministre.

La ville de Marseille avait le temps et les moyens d'anticiper et de préparer cette rentrée dans de bonnes conditions. Elle ne l'a pas fait pour diverses raisons. Il faut bien comprendre ce qui est de la responsabilité de l'État et ce qui est de la responsabilité de la ville, comme le périscolaire. Nous ne pouvons pas travailler à la place de la mairie, et c'est à vous, parents, de faire pression .

Avec les nouveaux rythmes, "l'apprentissage se fait mieux"

Certes, toutes les villes ne sont pas Marseille. Des difficultés ont aussi été notées, par les parents en particulier, qui s'inquiètent parfois de voir leurs enfants plus fatigués qu'avant. Mais "à chaque rentrée scolaire, les enfants sont épuisés. C'est le cas par définition dès que l'on doit s'adapter à un nouveau rythme". La ministre demance à ce que chacun attende de voir les résultats sur le moyen et le long terme.

Dans les 4 000 communes qui ont appliqué les nouveaux rythmes scolaires dès l'année dernière, on a des retours positifs. Les enseignants disent qu'ils ont gagné des semaines d'apprentissage. [...] Bien sûr qu'on n'a pas tout résolu. L'éducation est un temps long, les effets des mesures ne sont pas immédiatement perceptibles.

Mais Najat Vallaud-Belkacem le promet, il y aura un bilan et un suivi régulier. "Un comité de suivi de la réforme des rythmes scolaires a déjà été mis en place. Le meilleur moyen de convaincre les gens, c'est de produire des données objectives." En attendant, contrairement à "ce qui avait été prédit", "il n'y pas eu d'afflux massif" vers les établissements privés. Dont certains (10 %, selon la ministre) appliquent de toute façon eux aussi les nouveaux rythmes scolaires.

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