Six enfants ont été tués et seize autres blessés dans la collision de leur car scolaire avec un train, jeudi à Millas (Pyrénées-Orientales), mais tous n'ont pas identifiés. Une enquête de flagrance pour "homicides et blessures involontaires" a été confiée au groupement de gendarmerie des Pyrénées-Orientales.

Sur les lieux de la collision entre un bus scolaire et un train, à un passage à niveau de Millas, près de Perpignan
Sur les lieux de la collision entre un bus scolaire et un train, à un passage à niveau de Millas, près de Perpignan © Maxppp / Clementz Michel

Après l'accident survenu ce jeudi à Millas, près de Perpignan, les autorités parlent tout simplement de "véritable scène de guerre" : Six morts et 16 blessés sur les 24 passagers d'un bus scolaire heurté de plein fouet par un train sur un passage à niveau.  Le car scolaire a été coupé en deux sous la violence du choc.  

Un terrible accident entre un bus scolaire et un TER a fait plusieurs morts ce jeudi à Millas, dans les Pyrénées-Orientales.
Un terrible accident entre un bus scolaire et un TER a fait plusieurs morts ce jeudi à Millas, dans les Pyrénées-Orientales. © Visactu / Visactu

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Par Mathieu Ferri

Parmi les blessés, une vingtaine d'enfants âgés de 13 à 17 ans, scolarisés au collège Christian-Bourquin de Millas. Six décès ont été constatés, et ce matin,  plusieurs blessés avaient été "transférées vers le centre hospitalier de Perpignan, Toulouse et Montpellier", précise la Préfecture des Pyrénées-Orientales, dans un communiqué publié dans la nuit de jeudi à vendredi.                       

Barrières levées ou baissées?                     

L'accident s'est produit à 16h10 au passage à niveau No25 sur l'axe Perpignan-Villefranche de Conflent, situé à Millas. Deux cars scolaires ont franchi l'un après l'autre le passage à niveau et "nous ne disposions pas de listes", a précisé le préfet, soulignant que le "travail d'identification continue à l'heure où nous parlons". La conductrice du bus, âgée de 48 ans, a été grièvement blessée.  Une enquête de flagrance pour "homicides et blessures involontaires" a été confiée au groupement de gendarmerie des Pyrénées-Orientales. Elle permettra de "mettre toute la lumière sur les circonstances exactes de la survenue de cet accident", a encore précisé le procureur.  De source proche de l'enquête, on indique que des témoins ont déjà été entendus et d'autres le seront. Des prélèvements seront effectués pour vérifier l'alcoolémie et la toxicologie de la conductrice du car de ramassage scolaire ainsi que du chauffeur du TER.  "Il est largement prématuré d'indiquer si les barrières étaient levées ou baissées", a précisé le procureur, interrogé sur un éventuel "dysfonctionnement" des barrières du passage à niveau et un possible "vol de batteries" qui aurait conduit à un mauvais fonctionnement.                   

Cellule médico-psychologique

Il s'agit d'un passage à niveau "classique" doté d'une signalisation automatique et de deux barrières, a précisé la SNCF selon laquelle le passage à niveau "n'était pas considéré comme particulièrement dangereux".  L'Association nationale Droits des Victimes (ADV) a déploré que la SNCF se soit "très rapidement exonérée de toute responsabilité dans cette affaire. Je rappelle que depuis 2014, RFF expérimente des "radars de passage à niveau" destinés à empêcher ce type d'accidents sans, toutefois généraliser ce dispositif pourtant indispensable".  

"Les différentes enquêtes permettront de déterminer les circonstances exactes de cet accident", indique dans un communiqué l'entreprise des autocars Faur, propriétaire du car au service de l'agglomération de Perpignan. Le chef de l'Etat Emmanuel Macron a tweeté : "Toutes mes pensées pour les victimes de ce terrible accident d'un bus scolaire et pour leurs familles".   

Le Premier ministre Edouard Philippe, qui se trouvait à Cahors (Lot), est arrivé par hélicoptère en début de soirée à Millas, une petite commune rurale de 4.000 habitants. "Ce soir, il faut penser aux familles, à leur angoisse, à leur tristesse et faire en sorte que nous puissions avec décence les accompagner pour surmonter les nouvelles qui sont devant elles", a-t-il notamment déclaré.  A Millas, devant la halle des sports où une cellule médico-psychologique a été mise en place pour les familles, des élèves du collège s'étaient massés. Le collège sera ouvert ce vendredi "pour que les élèves puissent libérer leur parole".  

La mairie de Millas a mis en place un numéro d'urgence, le 04 68 57 35 03. 

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