L'opération d'expulsion des zadistes de Notre-Dame-des-Landes a officiellement commencé, a annoncé le ministère de l'Intérieur ce lundi matin à 6h. Une opération dont filtrent peu d'images ce lundi matin, mais que suivent sur place nos envoyés spéciaux.

L'une des carcasses de voitures utilisées pour faire barrage, sur la "route des chicanes"
L'une des carcasses de voitures utilisées pour faire barrage, sur la "route des chicanes" © Radio France / Béatrice Dugué

Comme cela était attendu, l'opération d'expulsion des occupants de la "zone à défendre" (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes a commencé, dans la nuit de dimanche à lundi. Le ministère de l'Intérieur a annoncé, peu avant 6h du matin, que ces opérations avaient commencé à 6h pour évacuer les zadistes "les plus radicaux". 

Mais avant cette heure, selon les constatations des envoyés spéciaux de France Inter sur place, les affrontements avaient déjà commencé, depuis à peu près 3h du matin. Sur la D281, surnommée "route des chicanes", au coeur de la ZAD, un barrage de la gendarmerie bloquait les accès avec des carcasses de voitures, et des barricades étaient incendiées.

Le point sur la situation à 8h avec Béatrice Dugué, envoyée spéciale de France Inter sur place :

Sept squats ont été démantelés et trois sont en train de l'être (tous, sauf un, étaient vides), et six personnes ont été expulsées pour l'heure, a annoncé lundi en milieu de matinée la préfète de Loire-Atlantique Nicole Klein, lors d'une conférence de presse conjointe avec le directeur général de la Gendarmerie nationale Richard Lizurey. L'objectif de l'opération est d'arriver au démantèlement "d'une quarantaine de squats" sur les 97 que compte la zone, et celui-ci est "presque atteint". Peu avant cette conférence, les gendarmes ont annoncé que la situation s'était "stabilisée" après quelques débordements

Gaz lacrymogènes et barricades

Les forces de l'ordre ont avec elles des engins de terrassement et des camions pour évacuer et détruire les implantations des zadistes autour de la route, en particulier le mirador servant à monter la garde. L'opération mobilise 2 500 gendarmes ainsi que des huissiers. Des grenades lacrymogènes ont été lancées pour tenter d'éloigner quelques dizaines de manifestants en face, après des sommations des gendarmes, au mégaphone :

"Dispersez-vous, nous allons faire usage de la force" 

Pendant ce temps, les zadistes, qui sont encore entre 250 et 300 sur place, montaient leurs propres barrages sur la route, avec des plots en béton, des pylônes et des engins de chantier. Plus tôt, un gendarme avait été blessé à l’œil par un feu d'artifice artisanal et a dû être transféré au CHU de Nantes, et un manifestant placé en garde à vue . 

La gendarmerie assure que la situation "est contenue" et qu'il n'y a pas de blessé pour le moment. Elle prévient en revanche que les opérations d'expulsion pourraient durer "plusieurs jours"

Jusqu'à présent, peu d'images des opérations ont pu filtrer, la gendarmerie ayant bloqué la plupart des accès à la ZAD, et ayant choisi de diffuser ses propres images.

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