Deux mois après avoir été détournée, la fresque d'Obey, visible dans le XIIIe arrondissement de Paris, a été restaurée presque telle que le street artist l'avait imaginée à l'origine. Il en a tiré de nouvelles sérigraphies, dont les profits seront reversés à des associations caritatives.

Fresque de la "Marianne" d'Obey dans le XIIIe arrondissement, le 14 février 2021, dans la vidéo de l'artiste tournée par la Galerie Itinerrance
Fresque de la "Marianne" d'Obey dans le XIIIe arrondissement, le 14 février 2021, dans la vidéo de l'artiste tournée par la Galerie Itinerrance © capture écran

Sur les murs de cet immeuble du XIIIe arrondissement, le visage de la "Marianne" peinte par Obey avait été tagué de larmes de sang, et les traits nets de la peinture avaient été barrés de larges traînées blanches et d'un message "#MariannePleure" : le 14 décembre dernier, des activistes d'un collectif nommé LRM-NRV avaient procédé à ce coup d'éclat, en descendant en rappel, de nuit, le long de cette façade pour protester contre la politique sécuritaire du gouvernement. Deux mois pile plus tard, le 14 février, la fresque a retrouvé son aspect originel, celui qu'Obey (alias Shepard Fairley) avait imaginé avant de lui donner corps sur ce mur.

Après la dégradation de sa fresque, Obey avait réagi en faisant preuve de compréhension, tout en affirmant que la restauration de l'œuvre aurait lieu sous peu. Ce dimanche, les larmes rouges et les trainées blanches ont bien été effacées, et Obey a justifié le temps nécessaire de restauration pour apporter sa réponse au détournement, à travers une vidéo.

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Une nouvelle œuvre pour aider les Restos du cœur

Si l'image est redevenue la même que la "Marianne" d'origine, celle qui a fleuri sur les murs de Paris après les attentats parisiens de novembre 2015, et dont Emmanuel Macron possède un exemplaire à l'Élysée (souvent visible en arrière-plan pendant ses allocutions), l'artiste lui a aussi, après cette restauration, rajouté sur la joue une larme bleue plus discrète, seule nouveauté visible inspirée de son détournement.

De cette "Marianne" nouvelle version, Obey a ensuite tiré plus de 600 sérigraphies en édition limitée à commercialiser, dont les profits seront directement reversés aux Restos du Cœur. Deux mois après le détournement de sa fresque, son message est le suivant : "L'action vaut plus que les mots".