Dommage collatéral du démantèlement de la "jungle" de Calais ? Dans le Nord de Paris, les campements de migrants grossissent depuis plusieurs jours

Les migrants ont rejoints le campement déjà existant à Stalingrad
Les migrants ont rejoints le campement déjà existant à Stalingrad © Sipa / Houpline Renard

Les tentes sont de plus en plus nombreuses entre l'avenue de Flandres et les métros Jaurès et Stalingrad, ce que les riverains nomment le "triangle des migrants" du 19e arrondissement.

Selon le préfet de la région Ile-de-France, Jean-François Carenco, il n'y a pas eu d'afflux massif à Paris, suite au démantèlement de la "Jungle" de Calais. "Des contrôles ont été mis en place, sur les routes, sur les voies ferrées, et rien n'indique à ce stade qu'il y ait un afflux de migrants venus de Calais" a expliqué le préfet qui reconnait tout de même que "plus de 2.000 migrants" qui se sont installés dans la capitale, principalement dans le secteur de Stalingrad, depuis la dernière opération de mise à l'abri menée le 16 septembre.

Les associations disent servir plus de 1 000 repas par jour, contre 7 à 800 il y a trois jours. Et sur place, il y a clairement plus de monde qu'avant. La population des camps de Stalingrad, avenue de Flandres et Jaurès, dans le 19e arrondissement de Paris, ont en effet implosé. En deux jours, la population est passée de 2 000 réfugiés à 3 000 selon les associations. Des migrants qui hésitent entre rester en France, ou repartir à Calais.

Le reportage d'Antoine Jeuffin

Entre l'avenue de Flandres et les métros Jaurès et Stalingrad, les files devant les marmites des distributions de repas s'étirent inexorablement. L’accroissement de réfugiés et les abris de fortune, cela a un impact sur les commerçants du quartier et les riverains qui voient les tentes igloo, isolées à la hâte avec des bâches ou des couvertures de survie, s'entasser désormais sur plus de 700 mètres sur le terre-plein de l'avenue de Flandres.

Reportage d'Antoine Jeuffin

"La préfecture et la mairie ont déjà mis 15 000 logements à disposition. Ca va continuer jusqu'où ?"

Une évacuation aura lieu "dans les jours qui viennent", affirme-t-on à la Ville de Paris, probablement avant le 15 novembre. Elle ouvrira la voie à l'ouverture du premier centre d'accueil humanitaire pour les migrants de la capitale, d'une capacité initiale de 400 lits. Mais 400 places, c'est loin d'être assez et surtout cela ne résous pas le problème, estime Philippe Goujon, maire du 15e arrondissement de Paris et président de la Fédération Les Républicains de la capitale.

Une vaste opération de démantèlement a été conduite entre lundi et jeudi dans la Jungle de Calais. Elle a permis de prendre en charge 6.000 migrants selon la préfète du Pas-de-Calais Fabienne Buccio. Environ 4.500 personnes ont été transférées vers des Centres d'accueil et d'orientation (CAO) en régions. Les 1.500 restants sont des mineurs logés au centre d'accueil provisoire (CAP) aménagé dans des conteneurs jouxtant la Jungle.

► POUR EN SAVOIR PLUS | Lire [Carte] Les villes qui accueillent des migrants de Calais

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