C'est ce jeudi 1er mars qu'entrent en vigueur en Suisse les textes de loi destinés à limiter la souffrance animale. Parmi les mesures les plus emblématiques, l'interdiction de cuire un homard sans l'avoir assommé. Mais les animaux en question souffrent-ils vraiment ?

Le homard souffre-t-il lorsqu'on le plonge dans l'eau bouillante ?
Le homard souffre-t-il lorsqu'on le plonge dans l'eau bouillante ? © AFP / Laurence Mouton / es-cuisine / PhotoAlto

Avant d'aller aux urnes ce week-end pour décider d'abolir (ou non) la redevance audiovisuelle, les Suisses vont devoir changer leurs habitudes, dès ce jeudi, lorsqu'ils compteront déguster un homard.  

A compter de ce 1er mars, la loi interdit de mettre dans l'eau bouillante un décapode marcheur, c'est-à-dire un homard, un tourteau ou une araignée de mer, sans l'avoir au préalable assommé, par choc électrique ou en leur brisant la tête.  

Le homard ressent-il la douleur ?

En France, aucune règle n'oblige encore les amateurs de crustacés à abréger leurs souffrances avant de les ébouillanter. Alors pour Jonathan, chef cuisinier, pas d'états d'âme à avoir lorsque c'est le coup de feu au restaurant, pas même pour un homard vivant de 1,6kg : "Aujourd'hui, pour respecter la qualité de ce type de produits, c'est utile et nécessaire de passer par ces méthodes de cuisson".  

Si la nouvelle réglementation fait polémique, c'est que la science non plus, aujourd'hui, n'est pas capable de savoir si l'animal a souffert. Toute la question est justement de savoir si le homard est capable de ressentir la douleur : "On peut le penser, il y a une série de travaux sur les crabes et les bernard-l'hermite qui sont très proches du homard sur le plan anatomique, qui le suggèrent", explique Georges Chapouthier, directeur de recherche émérite au CNRS.  

Dans le doute, autant limiter le risque

Et il insiste : ce n'est pas parce qu'on ne retrouve pas chez le homard la zone associée à la douleur dans le cerveau humain, qu'il faut en tirer des conclusions. "Chez les crustacés décapodes, il n'y a pas l'équivalent de ce qu'on trouve chez l'homme, est-ce que ça prouve que l'animal ne sent pas la douleur ?" souligne-t-il, ajoutant que tant que la question n'est pas tranchée, il se range du côté suisse et préconise de limiter au maximum l'éventuelle souffrance du crustacé. 

Le texte qui entre en vigueur ce jeudi contient, en outre, d'autres mesures qui abolissent toute "contrainte moyenne ou sévère" envers les animaux. Dans le viseur, les colliers anti-aboiement pour chiens sont donc aussi proscrits, même s'ils ne sont pas basés sur des chocs électriques.  

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