Ségolène Royal prend ses fonctions d'ambassadrice pour les pôles Arctique et Antarctique ce vendredi. Mais en quoi son poste va-t-il consister ?

Segolène Royal nouvelle ambassadrice chargée de la négociation internationale pour les pôles Arctique et Antarctique
Segolène Royal nouvelle ambassadrice chargée de la négociation internationale pour les pôles Arctique et Antarctique © AFP / Julien Mattia / NurPhoto

L'ancienne ministre de l'Environnement a été officiellement nommée par Emmanuel Macron le 28 juillet "ambassadrice de France chargée de la négociation internationale pour les pôles Arctique et Antarctique".

C'est ce qu'on m'a proposé et c'est ce que j'ai accepté

La France a créé un observatoire scientifique multidisciplinaire de l’Arctique rassemblant près de 400 chercheurs. Le pays est au neuvième rang des nations en matière de publications scientifiques sur l’Arctique et cinquième pour ce qui concerne la production scientifique relative à l’Antarctique.

Michel Rocard avant elle

Ce poste d'ambassadeur a été créé par Nicolas Sarkozy en 2009 spécialement pour Michel Rocard. L'ancien Premier ministre de François Mitterrand a exercé pendant sept ans un rôle primordial dans la sanctuarisation du pôle austral.

Mêler enjeux écologiques et économiques

La banquise a reculé de plusieurs kilomètres en quelques dizaines d’années. Ces masses d’eau douce préservées pendant des centaines de milliers d’années fondent, se répandent dans le monde entier, provoquent une montée du niveau de la mer et perturbent la biodiversité, ayant un impact important sur la faune et la flore. Mais des ressources inestimables sont également apparues : pétrole, minerais, gaz, poissons, suscitant bien sûr toutes les convoitises. Et la fonte des glaces a commencer à dessiner de nouvelles routes maritimes.

Avant de mourir en 2016, Michel Rocard a présenté une feuille de route française sur l’Arctique. L’objectif était de réaffirmer "le haut niveau d’engagement de la France", dans une région où le dérèglement climatique crée une crise environnementale d'envergure. Or, face au dérèglement, on trouve les intérêts de pays qui possèdent des territoires sur la zone. La zone arctique s’étend sur environ 21 millions de kilomètres carrés. Elle comprend l’océan Arctique et le Canada, l’Alaska, le Groenland, la Russie et la Norvège. Certaines eaux sont sous juridiction nationale mais, au-delà de cette limite, les territoires ne sont soumis à aucune réglementation.

La France n'a pas de territoires en Arctique, contrairement à l'Antarctique, mais prend de plus en plus conscience de l'importance de la sécurité des accès aux ressources. «Le fait que la fonte des glaces ouvre de nouvelles voies maritimes polaires et rende les ressources minérales dans cette partie du monde [l’Arctique] plus accessible aura bien entendu un impact sur la sécurité», constatait dès 2010 le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen.

Cape Denison, Commonwealth Bay, Antarctique.
Cape Denison, Commonwealth Bay, Antarctique. © Reuters / Pauline Askin

A l'inverse, l’Antarctique est protégé par un traité international effectif depuis 1961, qui compte 52 pays signataires et dont la France est l'un des douze premiers pays à l'avoir ratifié en 1959 à Washington. Selon ce traité, seules les activités pacifiques sont autorisées dans l'Antarctique, la liberté de la recherche scientifique dans l'Antarctique et la coopération à cette fin se poursuivront , les observations et les résultats scientifiques seront échangés et rendus librement disponibles . Enfin, aucun acte ou activité ne permettra de faire valoir ou de contester une revendication de souveraineté territoriale dans l'Antarctique.

Dans une tribune au Monde, Yan Ropert-Coudert, directeur de recherche au CNRS, appelle à la création d’un nouveau refuge pour les espèces marines

Objectif : lutter contre le réchauffement climatique

Selon Laurent Mayet, le proche de Michel Rocard qui a remplacé temporairement Michel Rocard :

La priorité des priorités désormais, c'est d'oser afficher des ambitions environnementales très élevées face aux intérêts économiques de certains pays comme la Norvège ou la Russie.

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