Faut-il s’inquiéter pour nos cathédrales, après l’incendie qui a ravagé Notre-Dame de Paris, lundi soir ? Une autre cathédrale Notre-Dame est en travaux, celle de Strasbourg (Bas-Rhin). Mais tout est fait dans l’édifice pour éviter ce genre de drame, assurent les services de l’État.

Le transept sud de la cathédrale de Strasbourg est en travaux.
Le transept sud de la cathédrale de Strasbourg est en travaux. © Radio France / Xavier Demagny

Sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg, les passants sont nombreux, certains juste de passage ; d'autres s'apprêtent à visiter l'édifice, en travaux au niveau du transept sud. “On espère que c'est bien protégé ici, mais c'est difficile à protéger, de si vieux bâtiments“ craint Pascale, touriste venue de Bretagne, après l'incendie de Notre-Dame de Paris, lundi soir

À la mi-journée, lorsque les cloches de la cathédrale alsacienne se mettent à sonner en soutien à la cousine parisienne, l'archevêque de Strasbourg ajoute : “J'ai eu un sentiment très égoïste en me disant ‘Mon dieu que ça n'arrive pas à la notre‘. (...) Les mauvaises expériences des uns doivent servir”. 

“Il y a toujours un risque : celui de l'accident”

Je me suis remémoré la check-list des contrôles en cours ; j'ai couché sur papier ce qui doit être fait, ce qui est prévu pour me rassurer” raconte Romuald Schnell, conservateur en charge de la sécurité et de l’entretien de la cathédrale pour la Direction régionale des Affaires culturelles (Drac). 

D'ailleurs, les services de l'État l'assurent, tout est mis en oeuvre pour la sécurité de la cathédrale alsacienne : contrôles extrêmement réguliers, “permis feu” pour les entreprises qui travaillent sur le site (elles sont obligées d'attendre une heure après la fin des travaux pour s'assurer qu'il n'y a aucun départ de flammes), tableaux électriques déplacés sur l'extérieur du bâtiment, coupure de l'électricité automatique à partir de 19 heures, détecteurs de fumée spéciaux (pour ne pas réagir aux bougies ou encens mais être réactifs en cas d'incendie) installés en nombre. 

Des échafaudages au niveau du transept sud de la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg.
Des échafaudages au niveau du transept sud de la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg. © Radio France / Xavier Demagny
Des détecteurs de fumée en nombre dans les combles de la cathédrale.
Des détecteurs de fumée en nombre dans les combles de la cathédrale. © Radio France / Xavier Demagny

En 1998, des murs coupe-feu ont été érigés au dessus de la nef de la cathédrale. Les parois sont enduites d'un produit spécial qui freine les flammes. “Pourtant il y a toujours un risque, celui de l'accident” regrette Carole Pezzoli, conservatrice régionale des monuments historiques. 

La cathédrale de Strasbourg s'est relevée plusieurs fois

Contrairement à Notre-Dame de Paris, dans son histoire, l’édifice alsacien a connu plusieurs incendies, le dernier en 1870 après lequel la charpente a été reconstruite à l'identique. C'est la fondation de l'œuvre Notre-Dame qui veille depuis près de 800 ans. Elle possède d'ailleurs des archives inestimables et des plans détaillés du bâtiment. 

Dès mardi matin, le maire de Strasbourg, Roland Ries, et le directeur de la Fondation, Éric Fischer, ont immédiatement proposé l'aide de celle-ci pour la reconstruction de la cathédrale de l'île de la Cité. Elle est composée, parmi sa trentaine de salariés, d'experts conservateurs, forgerons,  tailleurs de pierre. “Nous avons la compétence sur les conseils, l'assistance. Pour ce qui est pratique, il y a des études et de la maîtrise d'oeuvre avant de voir quelle est la nature des travaux à engager” estime Éric Fischer. 

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