Alors que le 1er-Mai retrouvait cette année une forme plus classique, après une édition sans défilés en 2020, pandémie oblige, les cortèges de cette Journée internationale des travailleurs et travailleuses ont aussi été marqués par la présence de responsables politiques, dont certains candidats à la présidentielle.

Jean-Luc Mélenchon, à Lille samedi matin (à gauche) et Marine Le Pen, à Paris (à droite).
Jean-Luc Mélenchon, à Lille samedi matin (à gauche) et Marine Le Pen, à Paris (à droite). © AFP / Hans Lucas

Du muguet, des manifestations : ce 1er-Mai 2021 retrouve ses traditions, malgré l'épidémie de Covid-19. La traditionnelle mobilisation syndicale a retrouvé la rue, "masqués" et "pas inconscients", a tenu à rappeler samedi le leader de la CGT, Philippe Martinez. Une journée qui vient combler la "frustration" de l'année dernière. La CGT, mais aussi FO, la SFU, Solidaires avaient appelé à une "journée de manifestations pour l'emploi, les salaires, les services publics, la protection sociale, les libertés et la paix dans le monde"

À Lyon, le défilé a été émaillé de cinq interpellations et "27 policiers et gendarmes" ont été blessés, d'après la préfecture du Rhône. Quelques heurts ont aussi perturbé le cortège parisien, donnant lieu à plusieurs dizaines d'interpellations par les forces de l'ordre. Mais l'un des marqueurs de cette Journée internationale des travailleurs et travailleuses était aussi la présence d'un certains nombre de responsables politiques dans les cortèges, à une année de la prochaine élection présidentielle. 

À Lille, toutes les gauches pas forcément unies

À la manifestation lilloise, le candidat de La France insoumise à l'élection présidentielle Jean-Luc Mélenchon, député des Bouches-du-Rhône, a défilé avec les siens. "Invité" dans le Nord par les députés LFI du département, a marché avec le cortège des Insoumis, sans en bouger et sans parler à la presse. "J'ai un vœu à faire pour la classe ouvrière, les salariés, les travailleurs, les gens humbles qui vivent seulement de leur travail (...) : être libérés de la peur du chômage, du licenciement, de la peur du lendemain car demain pourrait être beau, lumineux", a-t-il lancé lors d'un discours à ses militants en début de manifestation, avant d'ajouter :

"Je vous souhaite que le 1er mai 2022 je puisse revenir vous voir comme président de la République, ayant rétabli les 8 heures de travail, les 35 heures, la retraite à 60 ans."

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À l'arrière du cortège, Karima Delli, tête de liste de l'union de la gauche et des écologistes pour les régionales dans les Hauts-de-France, a discuté avec la maire socialiste de Lille Martine Aubry ("ravie" de cette union), le maire de Grenoble Éric Piolle et le patron et probable candidat des communistes à la présidentielle Fabien Roussel. Après deux heures de manifestation, Karima Delli et d'autres élus Verts sont finalement allés vers Jean-Luc Mélenchon. "On vous soutient aux régionales et vous nous envoyez balader aux départementales (...) Vous êtes des faux jetons, voilà c'est tout", leur a-t-il dit, entouré de journalistes. "On est là pour le rassemblement", a tenté la sénatrice EELV Esther Benbassa. "C'est pas vrai Esther, raconte pas de conneries", lui a-t-il répondu. 

Plus tard, le coordinateur de la France insoumise, Adrien Quatennens, a souligné la rencontre entre Jean-Luc Mélenchon (LFI), Benoit Hamon (Génération.s) et Sandrine Rousseau (EELV, candidate pour 2022), eux aussi présents à Lille. 

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À Paris, PS, EELV et LFI dans le défilé 

Dans le cortège parisien, plusieurs autres responsables politiques de gauche étaient présents. Julien Bayou, secrétaire national d'Europe Ecologie Les Verts, candidat aux régionales en Île-de-France, a tenu à rappeler l'histoire du 1er-Mai et des négociations qui en ont découlé. "Il faut retrouver l'esprit de la radicalité, de l'exigence, de l'excellence sociale pour toutes et tous", pointant du doigt "la gravité sans nom" de la réforme de l'assurance chômage souhaitée par l'actuel gouvernement. "C'est le gouvernement des riches, on le savait. Cet entêtement , malgré la crise, la difficulté, la crise sociale, à choisir les riches plutôt que l'égalité me semble dramatique et la cause de tous les populismes", soulignant "l'avenir heureux" que représente l'écologie.  

Olivier Faure (Premier secrétaire du Parti socialiste) est aussi descendu dans la rue. "Au moment où Biden sort des années Reagan, Macron nous y entraine", a-t-il noté sur Twitter. Clémentine Autain (LFI), elle aussi candidate au régionales en Île-de-France, a participé au défilé : "Je plaide pour un rassemblement large pour faire front face à la politique d'Emanuel Macron, un front large pour nos libertés, pour être au rendez-vous de l'offensive d'extrême-droite dont chacune et chacun doit mesurer l'ampleur... Beaucoup de raisons de se rassembler."

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Aux pieds de Jeanne-d'Arc, traditionnelle tribune pour Marine Le Pen

De l'autre côté du spectre politique, une autre présidentiable a profité de ce 1er-Mai pour s'exprimer : Marine Le Pen, qui déposait comme chaque année une gerbe au pied de la statue de Jeanne-d'Arc, place des Pyramides à Paris. Marine Le Pen en a profité pour charger Emmanuel Macron et son bilan, mettant même en garde contre les conséquences d'une réélection du président sortant, "pour le plus grand malheur de la France". Cela conduirait à un "chaos (...) absolument général", après un premier mandat "de violences", a jugé Marine Le Pen, se présentant comme la future présidente de la "paix civile"

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"Ce serait le saccage social, celui qu'il n'a pas encore réussi totalement à mettre en œuvre, ce serait la purge fiscale car l'Union européenne va évidemment réclamer maintenant la mise en œuvre des mesures qui ont été suspendues par la crise du Covid" et "ce serait la continuation de la vente à la découpe de la France et de nos grands groupes", a ajouté la dirigeante d'extrême droite, qui se présente pour la troisième fois à l'élection présidentielle et veut axer sa campagne sur "la protection, la projection et la transmission"

Pour Marine Le Pen, "il ne restera du mandat d'Emmanuel Macron que cette impression de désunion, de destruction". "Nous venons de vivre quatre ans de chaos, de désunion, de fragmentation", a-t-elle encore jugé.   

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