[scald=67705:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, n'exclut pas de faire appel après l'abandon de la procédure disciplinaire lancée dans l'affaire des fuites sur internet au bac scientifique en juin dernier.

Parallèlement, un juge d'instruction de Paris a levé les poursuites judiciaires contre le lycéen qui était suspecté de la fuite d'un exercice du baccalauréat scientifique, considérant qu'il n'avait pas eu l'intention de frauder.

Le parquet a annoncé vendredi qu'il faisait appel de cette décision prononcée lundi, par lequel le jeune homme est placé sous le statut de témoin assisté et voit son contrôle judiciaire levé. La cour d'appel tranchera.

Luc Chatel s'interroge de son côté sur les suites à donner à l'abandon de la procédure disciplinaire.

"L'université dans laquelle est inscrit cet élève (Paris Ouest-Nanterre) n'a pas donné suite à cette procédure", a déclaré vendredi Luc Chatel sur Europe 1. "Je me réserve le droit de faire appel de cette décision."

Le ministre n'a pas souhaité se prononcer sur la partie judiciaire de l'affaire.

Le suspect avait été mis en examen en juin dernier pour avoir pris une photographie du premier exercice de mathématiques du bac S, qui avait ensuite été divulgué sur internet la veille de l'examen.

L'incident avait conduit Luc Chatel à "neutraliser" cette partie du sujet, afin d'éviter aux 165.000 candidats d'avoir à repasser l'épreuve, et à modifier le barème de notation.

TROIS SUSPECTS RESTENT POURSUIVIS

Plusieurs organisations d'enseignants et de lycéens avaient dénoncé la décision du ministère de ne pas annuler l'épreuve. Elle remettait en cause, selon eux, le principe d'égalité entre les candidats.

Trois autres suspects restent poursuivis, le père du suspect blanchi, qui travaillait dans un atelier d'imprimerie, un jeune homme qui a reçu la photo sur son téléphone portable et un troisième homme qui l'a reçue de ce second protagoniste puis l'a mise en ligne en ligne sur le site internet jeuxvideo.com.

Cette affaire avait suscité de vifs débats sur le baccalauréat, symbole du système éducatif. L'Education nationale avait décidé de ne pas noter l'exercice tout en validant l'épreuve de mathématiques.

Plus largement, un débat se rouvre sur la pertinence du bac, qui a concerné lors des dernières épreuves 654.000 élèves cette année au total, dont 165.000 dans la filière scientifique, concernée par la fraude. Des analystes et des titres de presse avaient estimé que l'épisode sonnait le glas du "bac".

La sécurité du bac est une question récurrente et les téléphones portables ont été interdits dans les 4.737 centres d'examen de l'épreuve. La lourdeur de cette épreuve, avec quatre millions de copies corrigées, portant sur 4.880 sujets, l'expose à la fraude avec les nouvelles technologies.

Patrick Vignal et Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse

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