Structures d'accueil débordées, gestion improvisée, l'accueil des migrants en France souffre d'inorganisation.

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L’Accueil des réfugiés en France : « une plaisanterie ? »

Le 14 avril dernier sur France 2, François Hollande affirme à Léa Salamé, qu’il est sur la même ligne que son homologue Allemande pour l’accueil des réfugiés.

La réalité, c’est que nous ne sommes absolument pas sur les mêmes échelles. En 2015, l’Allemagne a accueilli près d’un million de réfugiés, alors que la France en a reçu seulement 80 000. Depuis janvier, l’écart s’est un peu réduit. On en dénombre 600 000 en Allemagne contre 100 000 en France. Les Français ont donc accueilli 6 fois moins d’exilés que les Allemands.

Avec ce chiffre très inférieur à l’Allemagne, ni les structures d’accueil, ni les administrations en France ne sont capables de gérer ces arrivées. A Paris, on fait la queue nuit et jour boulevard de la Villette devant FTDA (France Terre d’Asile), en face du métro Jaurès, pour obtenir un rendez-vous à la Préfecture. Il n’y a que là qu’on trouve le précieux sésame : le formulaire bleu qui enclenche la procédure qui permettra de demander l’asile. Mais pour cela, il faut jouer des coudes.

Charlène, travailleuse sociale membre du collectif ASILE, peut en parler. Elle explique qu’aujourd’hui, la Préfecture ne donne plus de tickets, et que les personnes peuvent être amenées à dormir sur place pendant des semaines :

Les gens se battent pour être en tête de file, ça écarte les populations les plus vulnérables comme les femmes.

Même pour loger une famille en urgence, on ne trouve parfois pas de solution. Michel Morzière, de l’association Revivre, s’occupe de réfugiés Syriens et raconte le cas d’un couple avec un enfant d’un an qui était dans la rue, et dont il s’est occupé :

Je trouve un hôtel, on me dit qu’il y a une chambre libre. Je fais l’erreur terrible de dire « je suis content, c’est des réfugiés syriens ! », et le gars dit « je me suis trompé, la chambre est occupée ! ».

Ensuite, et au bout d’une longue attente à espérer, le 115 Val de Marne, c’est-à-dire le Samu Social, annonce à Michel Morzière que tous les centres d’hébergement sont complets.

Paris est saturé, alors les pouvoirs publics décident dans l’urgence. Cet été, 15 000 squatteurs ont été évacués, des gymnases de banlieue comme celui du CREPS à Chatenay Malabry, sont ouverts à la va-vite. Mais ces décisions prises dans l’urgence ne mènent nulle part et sont voués à l’échec : les squatts se reforment. Alors la ville de Paris annonce un plan : l’ouverture à la mi-octobre d’un Centre de TRI et de Transit Porte de la Chapelle qui sera géré par Emmaüs Solidarités. Mais cela ne sera pas suffisant, et c’est pour cela que depuis plusieurs mois, les migrants sont répartis hors de la capitale, dans des centres d’hébergement en province. Il en existe déjà 161 mais avec la fermeture programmée de Calais, il faut encore trouver 9000 lits supplémentaires avant la fin de l’année. Les Préfets listent en ce moment les villages vacances EDF ou ceux de La Poste, les casernes, les écoles, les hospices désaffectés et même des châteaux ou des HLM. Le tout avec ou sans l’accord des maires parce que l’Etat estime qu’il y a urgence.

Gourdon, première ville d’accueil… avant l’échec

Ce travail d’identification des sites s’accentue. Parfois contre les maires, parfois avec leur soutien. Gourdon, dans le Lot, est une des premières communes qui s’est portée volontaire pour accueillir des migrants.

Les premiers migrants sont arrivés après la première évacuation de la « Jungle » à Calais et du squat du métro Stalingrad. Ils sont arrivés dans un autobus sur lequel il était écrit « allez au bout de vos rêves »... Dès qu’on apprend qu’ils vont arriver à Gourdon, on installe des lits de camp dans l’ancienne gendarmerie, comme nous le raconte Marie-Odile Delcamp, la maire de la ville. Elle se souvient de l’arrivée de 25 personnes « extrêmement fatigués », qui venaient du camp de Stalingrad à Paris.

Marie Odile Delcamp, maire de Gourdon
Marie Odile Delcamp, maire de Gourdon © Radio France / Philippe Reltien

Il était 1h du matin et « il a fallu les loger et les faire manger », elle poursuit :

Au départ on avait une liste, à l’arrivée ce n’était pas la même. On a essayé de savoir qui était qui. Aucun moyen de vérifier quoique ce soit car c’est du déclaratif. On ne s’est pas posé de questions, on s’est dit « ils restent là ».

La maire de Gourdon ne connaissait pas exactement le nombre d’arrivants, et le lendemain, ils n’étaient plus que 15, le soir ils étaient 10. Elle se souvient alors de la première arrivée de migrants à Gourdon, début mars :

Deux afghans nous ont quittés. Plus tard, ils avaient prévenus les autres qu’ils étaient arrivés en Angleterre. Je ne sais pas par quel moyen…

Le premier besoin des personnes qui arrivent, c’est de manger. Les bénévoles se mobilisent pour leur trouver ce dont ils ont besoin, ils s’arrangent pour que chacun puisse avoir la nourriture qui lui convient : Hallal ou pas. La maire de Gourdon se souvient :

On a eu des dons à la mairie, et par le comité de soutien aux migrants sur le marché. Cela a rapporté 2000€ et quand ils avaient besoin de faire des courses on les emmenait où ils voulaient.

Le premier besoin est donc satisfait. Ensuite, on fait ce qu’il faut pour les intégrer à la vie du village, et cela passe par des activités toutes simples : au stade, dans les fêtes… Un bénévole raconte :

Je les ai emmenés deux fois voir des matchs de rugby, ils ont trouvé ça violent mais ça leur a plu !

Les bénévoles les emmènent aussi danser au village ou jouer au loto :

Une fois Amir a gagné une corbeille/apéritif, alors elle l’a échangé contre un plateau de fraises ! Parce qu’ils ne boivent pas d’alcool.

En haut lieu, on s’aperçoit bientôt qu’on a perdu la moitié des soudanais et des afghans dans la nature. Certains sont partis en Angleterre, d’autres à la ferme. On sent bien que ceux qui restent ne se sentent pas à l’aise : ils passent leur nuit sur leur smartphone à échafauder des plans, car beaucoup rêvent de partir à Calais. Ils ne voient pas leur avenir à Gourdon, et cela les travaille beaucoup, explique Martine Anéro, une bénévole, qui raconte qu’une fois dans un appartement – « isolé » – dans un quartier de Cahors où ils n’avaient plus d’occupation, ils finissaient par regretter Calais :

A Calais, ils devaient survivre, ils cherchaient des plans pour pêcher, troquer… il y avait une vie. Et ils se retrouvent là avec un grand vide, à gamberger sur ce qu’il s’est passé et où ils en sont.

Finalement, ils ne repartent pas à Calais et au bout de 4 mois, la maire de Gourdon envoie une lettre ouverte à la Préfète pour lui demander une pause. Elle demande qu’on ne lui envoie plus de migrants tant qu’on n’aura pas fait le bilan de l’opération et qu’on n’aura pas précisé les rôles de chacun. En guise de réponse, la Préfète décrète la fermeture. Un crève-cœur pour la maire de Gourdon qui était pleine de bonne volonté :

On a simplement fait remonter que le turn-over des personnes ne nous permettait pas d’assurer un accueil digne. En guise de réponse, on a fermé le centre et on ne m’a pas dit qu’un centre s’ouvrait à Figeac.

Si parfois les élus ne veulent pas de réfugiés, là on prive une commune qui veut en accueillir. La Préfète estime que les extras à Gourdon, c'est à dire les vrais lits et « les jouets pour les enfants » n’étaient pas nécessaires. Elle interprète la demande de pause de la maire comme un refus d’accueillir.

Les derniers migrants de Gourdon sont partis pour Figeac et les adieux étaient à la fois bon enfant et émouvants.

Les derniers soudanais ont rangé leurs vivres dans le coffre de l’assistante sociale. Dominique Gaudino, un voisin rapatrié d’Algérie, a embrassé Mahmoud, venu du Darfour. Il dit regretter ce « gâchis humain » et estime qu’ « on les ballade ».

Demander le statut de réfugié : l’inévitable entretien de l’OFPRA

Une fois les migrants répartis sur le territoire comme à Gourdon, il leur faut se rendre à l’Office Français pour les Réfugiés et Apatrides (OFPRA), pour un entretien individuel obligatoire. Pour cela, il faut retourner à Paris… et c’est un véritable parcours du combattant.

Mohamed Sedequey était chauffeur de poids lourd pour la coalition en Afghanistan. Il est arrivé dans la "Jungle" de Calais en décembre avec sa femme et 6 enfants, avant d’être évacué en mars de Calais à Gourdon. Il a ensuite été transféré à Cahors, puis à Auch dans le Gers. 6 mois plus tard, il arrive à Paris, gare Montparnasse, avec sa femme Mabouba, la poussette du petit et sa convocation pour le lendemain à l’OFPRA.

La famille Sedequey arrive Gare Montparnasse
La famille Sedequey arrive Gare Montparnasse © Radio France / Philippe Reltien

La poussette dans les transports en commun c’est un handicap, mais cela vaut aussi pour tous les parisiens qui ont des poussettes. Mais ensuite, il y en a un deuxième… trouver où est installé l’OFPRA… Sur le papier, c’est à Fontenay Sous-Bois en proche banlieue Est. Mais il faudra aller de l’hôtel à l’OFPRA, alors on cherche la gare du RER Val de Fontenay sur le plan dépliable de la RATP, sauf que la station n’apparait pas sur le plan, ce qui est un peu déroutant… surtout quand on ne connait pas la ville, qu’il y a la barrière de la langue et que, comme Mohamed, on ne sait pas lire. Beaucoup se perdent et quand ils quittent Bordeaux, les Sedequey ne savent pas dans quelle gare ils vont arriver. Alors parfois, on compte sur les bons samaritains rencontrés par hasard, comme cette voyageuse :

Les femmes ne parlent pas anglais donc il faut faire des signes. C'est pas évident... pour trouver la gare, on ne s’en rend pas compte : c’est écrit « MONT 1 et 2 », il faut savoir que c’est Montparnasse…

Arrivée à l’OFPRA, la famille Sedequey entre sans faire la queue car ils ont une poussette.

La famille Sedequey arrive à l'OFPRA
La famille Sedequey arrive à l'OFPRA © Radio France / Philippe Reltien

Ensuite, ils seront reçus dans un box par un officier de protection pour un entretien enregistré qui durera une heure. Il y a un traducteur, l’interrogateur pose tout par écrit et remet une copie à la fin. Il vérifie leur identité, leur prend leurs anciens papiers, et leur demande de faire le récit de leur parcours, c’est-à-dire : pourquoi ils sont partis, comment, avec qui… Pour cette famille, cela s’est bien passé : un mois et demi plus tard, ils obtiennent le statut de réfugié pour 10 ans, et les grandes filles sont maintenant à l’école à Auch , dans le Gers.

Pour d’autres, cette étape ne se termine pas si bien : quand on donne des papiers à 40 000 demandeurs, on les refuse à plus de 100 000. En moyenne, 4 demandeurs sur 10 obtiennent le statut.

A Calais, une école au milieu des décombres

A Calais, où 9000 migrants espèrent un jour aller en Angleterre, où le squat qu’on appelle "la Jungle" a été démantelé, où un mur s’érige le long de la rocade portuaire, une école reste étrangement debout : l’école du chemin des Dunes. C’est la seule école laïque du camp. Des enseignants bénévoles y viennent enseigner le français aux petits et aux grands. Et si elle est encore debout, c’est parce que la Ministre de l’Education Nationale a demandé aux démolisseurs de l’épargner. Virginie Tiberghein, une animatrice, se souvient de la violence du démantèlement qui a commencé en face de l’école, puis :

Les bulldozers ont laissé intact que l’école. On avait peur que les gens ne viennent plus. En fait il y a plus de monde qui vient qu’avant, ils viennent trouver un havre de paix. L’école sert de pivot et reste dans le no man’s land.

Etant donné le contexte, cette école est un vrai miracle, c’est un espace à part. Son histoire est incroyable : il y a un peu plus d’un an, un DJ africain, Zimako, arrive de Nice avec sa caisse à outils. Il raconte comment, petit à petit, il a réussi à confectionner l’école, d’environ 7 mètres sur 4, pouvant accueillir 20 à 25 personnes :

J’allais couper du bois dans le camp de Calais, j’ai mis le bois comme des piquets, quelqu’un m’a donné 40 palettes pour le mur. On m’a porté un tableau, puis des chaises, des tables. C’était une vraie école.

L'école du chemin des Dunes, Calais
L'école du chemin des Dunes, Calais © Radio France / Philippe Reltien

Cette école a donc vu le jour d’une manière plutôt originale et on n’y apprend pas qu’à lire écrire et à compter. On y apprend aussi les choses de la vie : laver le linge, se soigner, amuser les petits, célébrer les anniversaires. En d’autres termes, l’école apprend « le vivre ensemble », comme l’explique Zimako :

Au début ils ne saluaient pas, une semaine après ils ont commencé à se dire bonjour, à se demander comment ça va. L’école à nouer des relations.

Comme toujours, il y a l'envers du décor. Si on scolarise les enfants dans le camp, et l’Education Nationale y a même détaché deux enseignants, c’est parce qu’il n’y a pas de place pour eux dans la ville. A Calais, coexistent en fait deux souffrances : d’un côté, celle des migrants qui ont tout abandonné et qui vivent dans un véritable bidonville, de l’autre, celle d’une ville qui a vu ses touristes déserter, ses commerces se paupériser et dont une partie des habitants, exaspérée, ne veut plus entendre parler de ce camp.

C’est pourquoi la municipalité n’a pas l’intention d’organiser de ramassage scolaire. Christophe Blankaert, de l’association Solidarité Laïque qui gère la petite école, explique que si on veut scolariser les enfants dans les écoles Calaisiennes, il faut prévoir le ramassage scolaire et la cantine :

C’est une initiative de la ville qui doit être volontaire pour le faire. On n’est pas dans le même rapport de force politique, à Dunkerque, qui est plutôt de gauche, qu’à Calais qui a une municipalité Républicaine.

Comment la ville justifie-t-elle ce refus d’intégrer des enfants de migrants dans les écoles ? Pascal Paistre, adjoint au maire à la Culture de Calais, répond qu’étant donné les tensions suscitées par l’immigration à Calais, « ouvrir une classe de 30 migrants dans une école de 300 élèves, ça va poser un problème », il ajoute :

On ne pourrait pas mixer 500 gamins à une population Calaisienne de 3000 ou 3500 élèves. Si le camp de Calais avait 300 migrants avec 20 gosses ce serait simple.

La traversée légale d’Ibrahim et Huda pour l’Angleterre

Le problème est donc complexe… d’autant plus que pour scolariser des enfants, il faut qu’ils aient envie de rester un certain temps dans cette ville. Or à Calais, rien n’est jamais sûr. Dominique Mégard le sait bien, il a commencé par recharger les portables des gamins et il en a ensuite hébergé chez lui. Il a vite compris que leurs rêves étaient surtout de franchir la Manche :

Si les mineurs isolés font tout pour s’échapper, c’est parce que leur rêve c’est d’aller en Angleterre. J’en connais deux qui n’ont pas du tout envie qu’on s’occupe d’eux !

Pour aller en Angleterre, tous n’ont pas besoin de risquer leur vie sur des camions ou en mer.

Depuis cet été, une quarantaine d’enfants ont réussi à passer en Angleterre, en Eurostar, et de manière tout à fait légale. Les premiers à avoir réussi cet exploit, ce sont deux adolescents kurdes irakiens de Mossoul, âgés de 14 et 17 ans, Ibrahim et Huda, planqués dans une caravane de la Lande. Pendant 4 mois ils ont été hébergés dans une famille d’accueil officieuse à Calais, leur père a été assassiné, leur mère est partie en Angleterre en 2008 et ils sont restés avec leur grand-mère paternelle. Dominique Mégard, qu’ils appellent encore « papa », raconte :

Quand leur grand-mère est morte, ils ont revendus tous ses bijoux et ils se sont dit "on va retrouver notre maman".

Sauf que pour retrouver leur maman, ils ont été bloqués comme les autres migrants, à Calais puisque ni la France, ni l’Angleterre ne voulait entendre parler d’un regroupement familial. Cela aurait en effet pu donner à d’autres l’envie de faire pareil. Mais il existe un dispositif du droit européen qui permet à des enfants de retrouver leur maman. Une procédure encore jamais utilisée jusqu’à ce que se présente le cas « Ibrahim et Huda ».

Mais avant de pouvoir enclencher cette procédure, il fallait que les enfants aient obtenu le statut de demandeur d’asile, ce qui constitue une autre bataille juridique, et d’abord côté français. Pour qu’ils soient inscrits comme demandeur d’asile, il a fallu aller devant le tribunal administratif de Lille car la sous-préfecture de Calais trainait les pieds. Houda n’avait que 14 ans. La procédure a duré 4 mois. Et pendant ce temps, la maman de substitution, Nadine Rubanbleu s’arrachait les cheveux.

C’est décourageant : la sous-préfecture de Calais et celle de Paris ne fonctionnaient pas pareil. C’est la maison d’Astérix et Obélix ! Monter, redescendre, à gauche, à droite…

Le 11 février dernier, le Tribunal de Lille a donné raison à l’avocate de la famille qui soutenait que si on refusait à ces enfants le droit de retrouver leur maman, la France prenait le risque de pousser d’autres mineurs à rejoindre leur famille en Angleterre par les moyens les plus périlleux, donc mortels. Les enfants ne sont pas pour autant sortis d’affaire, car ensuite, c’est l’Angleterre qui traîne les pieds : « qu’est ce qui nous prouve que la soi-disant maman de Birmingham est vraiment leur mère ?… Ils demandent donc une expertise ADN. Une nouvelle audience a donc lieu, mais cette fois en Angleterre, pour savoir qui doit faire cette expertise. Il y aura encore plusieurs refus de l’Angleterre avant que la situation se débloque quelques jours avant le Brexit, comme nous l’explique l’avocate Marie-Charlotte Fabié, « il aura fallu attendre que des confrères anglais aillent devant les tribunaux pour qu’une expertise ADN soit faite au Royaume-Uni » :

Nous avons rencontré les mineurs en novembre 2015 et ils ont retrouvé leur mère le 4 juillet 2016. Ils sont encore moins de 40 et une dizaine devrait passer…

Cette avocate a donc ouvert une brèche qui permet à des enfants de rejoindre l’Angleterre sans risquer leur vie.

Aujourd’hui, les deux adolescents ont rejoint leur mère et leurs trois frères et sœurs à Birmingham. Quand on leur demande comment ils vont sur Facebook, par l’intermédiaire de Dominique Mégard, voici la réponse :

« Pour nous ici, c'est plutôt la galère parce que je dors dans le living-room avec mes valises ou dort avec ma mère et deux autres enfants. La maison est très sale. Souvent il y a des insectes rampants sur les couvertures ou sur les plats à la cuisine. Houda dit que ce sont des serpents, ce sont plutôt des limaces. Il y a aussi des rats, gros comme j'ai jamais vu ailleurs. Voilà notre situation, on n'est toujours pas installés. »

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L’histoire ne se termine évidemment pas comme un conte de fée, mais les enfants ont retrouvé leur mère. Il faut aussi préciser que certains ont fait le choix de rester en France et qu’ils s’y sentent bien. Le mot de la fin, c’est une réfugiée syrienne de 17 ans qui va le donner. Elle s’appelle Rita Ouassine, elle habite à Lieussaint, dans une famille de réfugiés syriens et a fait sa rentrée en troisième au lycée Saint Louis, après une année de français langue étrangère. Elle tient à nous rappeler pourquoi elle est là :

► A LIRE AUSSI, le parcours de Zabi, un afghan arrivé en France depuis peu :

Zabi a 23 ans, il est fils de commerçant et s'est enfui avec son frère de 13 ans, Zabiullah, de la province de Samangan, au nord de l’Afghanistan. Zabi est en France depuis 7 mois. Il est passé de Calais à Cahors où il a demandé et obtenu l’asile, il est toujours à la recherche de son frère disparu à la frontière turque avec l’Iran. Son smartphone contient des images de cette fuite :

  • Le magasin de ses parents saisi par les talibans
Le magasin des parents de Zabi saisi par les talibans
Le magasin des parents de Zabi saisi par les talibans © Zabi
  • La ferme dans laquelle Zabi et sa famille ont été cachés à la frontière iranienne
La ferme dans laquelle Zabi et sa famille ont été cachés à la frontière iranienne
La ferme dans laquelle Zabi et sa famille ont été cachés à la frontière iranienne © Zabi
  • L’abri dans un pipeline et la cache à plusieurs dans un coffre de voiture
L’abri dans un pipeline et la cache à plusieurs dans un coffre de voiture
L’abri dans un pipeline et la cache à plusieurs dans un coffre de voiture © Zabi

Le 8 août, Zabi rencontre à l’OFPRA un officier de protection. Quinze jours plus tard, il obtient la carte de réfugié « subsidiaire » pour un an renouvelable. Il doit signer en octobre, à Toulouse, un contrat d’insertion et d’intégration pour apprendre le français et devenir apprenti. En attendant, il aide dans un « kebab » monté par deux mineurs afghans arrivés il y a 8 ans en France. Fin octobre, il doit quitter sa structure d’accueil pour un logement subventionné.

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Programmation musicale :
"Freedun" de M.I.A (2016)

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