Un mois et demi après le début du mouvement, le nombre de "gilets jaunes" mobilisés ne cesse de diminuer d'un samedi à l'autre. Mais ce septième acte du mouvement a été marqué par plusieurs incidents, notamment en région.

Un affrontement entre gilets jaunes et CRS à Lille
Un affrontement entre gilets jaunes et CRS à Lille © AFP / FRANCOIS LO PRESTI

Il y avait autour d'un millier de personnes pour manifester ce samedi à Paris, et un nombre similaire de personnes à Marseille, Rouen ou encore Nantes : ce samedi, pour le septième acte des "gilets jaunes" quasiment un mois et demi après le début du mouvement, la mobilisation était en nette baisse, loin derrière les quelque 282 000 manifestants qui avaient pris part aux actions le premier week-end, celui du 17 novembre. 

De nombreux participants estiment toutefois que la baisse de participation est due aux fêtes, et que début 2019, la mobilisation va reprendre. C'est le cas d'un "gilet jaune" interrogé à Strasbourg :

"On est dans un creux, il fait froid, c'est les vacances, on n'est pas nombreux. Mais ne vous inquiétez pas, ça va reprendre en janvier". 

Toujours pas convaincus par les annonces d'Emmanuel Macron, les manifestants, qui demandent toujours "un référendum sur la mise en place du RIC (Référendum d'initiative citoyenne), la baisse des taxes sur les produits de première nécessité et la baisse des rentes du gouvernement". 

"Tour des médias" à Paris contre les journalistes

A Paris, les "gilets jaunes" se sont lancés dans un "tour des médias", d'abord à proximité des locaux de la chaîne BFMTV où des manifestants ont envahi les voies du tramway et jeté des projectiles sur les forces de l'ordre, qui ont répliqué avec des gaz lacrymogènes et ont procédé à plusieurs interpellations. Les manifestants ont ensuite défilé vers France Télévisions, puis Europe 1 et Radio France, où de nombreuses insultes ont fusé à l'encontre des médias et des journalistes. 

En début de soirée, plusieurs voitures ont brûlé dans ce même quartier devant le siège du Parisien. Une enquête était en cours pour déterminer la cause du sinistre.

Au total selon la préfecture de police, 800 personnes s'étaient rassemblées dans la capitale, et 57 ont été interpellées dont 33 placées en garde à vue. Aucun blessé n'a été déploré, et il n'y a pas eu de dégradations matérielles.

Situation tendue à Bordeaux et Rouen notamment

La situation était en revanche beaucoup plus tendue dans d'autres villes de France. A Bordeaux, des affrontements ont eu lieu entre les manifestants, qui étaient 2 400 selon la préfecture, et les CRS, qui ont fait usage de flashball et de gaz lacrymogène. Des commerçants ont dû baisser leurs rideaux, et les visiteurs du marché de Noël ont été confinés à l'intérieur de ce marché, plus tard dans l'après-midi. 

A Valence où 1 000 personnes étaient réunies, à Orléans où l'on comptait quelque 300 manifestants ou encore à Marseille, aucun incident majeur n'a été déploré. En revanche, à Rouen, où il y avait également un millier de personnes mobilisées, la porte des locaux de la Banque de France a été incendiée. 

Une vidéo postée sur les réseaux sociaux par un journaliste sur place à Rouen montre par ailleurs un policier pointer son flash-ball sur ce reporter. La vidéo a été largement partagée sur Twitter, notamment. 

Un blessé grave à Nantes

Dans la Somme, 300 casseurs sont intervenus en marge de la manifestation des "gilets jaunes", jetant des pierres et des feux d'artifice sur les forces de l'ordre. Depuis samedi matin, 14 personnes ont été interpellées. A Lille et Metz également, des incidents ont eu lieu : la capitale des Hauts-de-France a vu des tirs de gaz lacrymogènes, et deux personnes blessées ; et à Metz, en plus des 1 200 manifestants en gilet jaune, "jusqu'à 400 excités" ont tenté de forcer un barrage des gendarmes mobiles selon la Sécurité publique de la Moselle. 

A Nantes également, des grenades lacrymogènes ont été tirées par les forces de l'ordre. Un jeune homme de 22 ans a été grièvement blessé par un tir de flash-ball à la tête, selon les pompiers de Nantes, et a été transféré au CHU. 

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