La quatrième journée de mobilisation des "gilets jaunes", samedi, s'est déroulée dans un calme tout relatif, marquée par un grand nombre d'interpellations. Alors qu'Emmanuel Macron doit s'exprimer lundi soir, Paris et plusieurs villes de région déplorent de nouveaux dégâts.

Des "gilets jaunes" dans les rues de Toulouse, samedi 8 décembre
Des "gilets jaunes" dans les rues de Toulouse, samedi 8 décembre © AFP / REMY GABALDA

Moins de barricades, moins de points de rassemblements et donc "beaucoup plus de dispersion et de lieux impactés par des violences". Au lendemain de la quatrième journée de mobilisation des "gilets jaunes", l'heure est au bilan.

Le ministère de l'Intérieur a dénombré 136 000 manifestants dans toute la France samedi et dit avoir procédé à près de 2 000 interpellations, dont plus de 1 700 ont été suivies d'un placement en garde à vue.

Des dégâts "beaucoup plus importants" économiquement à Paris

À Paris, les forces de l'ordre ont procédé à 1 082 interpellations samedi, selon les derniers chiffres de la préfecture de police, trois fois plus que samedi 1er décembre, où 412 personnes avaient été interpellées. 

Si les violences ont été loin de ressembler aux scènes de la semaine passée, avec le pillage de l'Arc de Triomphe et le vandalisme dans les quartiers huppés de la capitale, l'adjoint de la maire de Paris en charge du budget prévoit "un coût économique plus important" que celui de la troisième journée de mobilisation, il y a huit jours.

"Le spectacle que Paris a donné est catastrophique. Les violences ont été moins radicales mais les dégâts sont probablement plus importants qu'une semaine avant" estimait ce dimanche sur France Inter le premier adjoint à la maire de Paris, Emmanuel Grégoire.

Les vitres de plusieurs magasins ont été brisées, certains ont été pillés et des murs et des monuments comportent des tags contre la politique d'Emmanuel Macron
Les vitres de plusieurs magasins ont été brisées, certains ont été pillés et des murs et des monuments comportent des tags contre la politique d'Emmanuel Macron © Radio France / Paul Barcelone
Les vitres de plusieurs magasins ont été brisées, certains ont été pillés et des murs et des monuments comportent des tags contre la politique d'Emmanuel Macron
Les vitres de plusieurs magasins ont été brisées, certains ont été pillés et des murs et des monuments comportent des tags contre la politique d'Emmanuel Macron © Radio France / Paul Barcelone
Les vitres de plusieurs magasins ont été brisées, certains ont été pillés et des murs et des monuments comportent des tags contre la politique d'Emmanuel Macron
Les vitres de plusieurs magasins ont été brisées, certains ont été pillés et des murs et des monuments comportent des tags contre la politique d'Emmanuel Macron © Radio France / Paul Barcelone

Des heurts et des dégradations qui ont aussi été constatés à Bordeaux, Toulouse, Marseille ou encore Nantes. Trois radars ont également été incendiés dans la nuit de samedi à dimanche dans l'Orne, en Haute-Savoie et dans le Var, cinq autres avaient été vandalisés la nuit précédente.

Le maire de Bordeaux Alain Juppé a appelé ce dimanche les "gilets jaunes" au "sens de la responsabilité". Sur Twitter, il demande à Emmanuel Macron de répondre "à certaines attentes légitimes" des manifestants.

Selon un bilan national provisoire de la direction générale de la santé, "179 personnes blessées ont été prises en charge sur tout le territoire par les équipes médicales des hôpitaux".

Députés LREM visés

Plusieurs élus ont été directement visés, en particuliers des élus de la majorité. Dans l'Aisne, la permanence du député LREM Marc Delatte, à Chauny, a été dégradée et recouverte d'un tag "démission", à la peinture blanche, rapporte franceinfo. 

En Dordogne, la voiture de la députée LREM Jacqueline Dubois a été incendiée samedi soir, ainsi que celle de son mari. L'élue, qui avait rencontré des "gilets jaunes" samedi matin "des personnes formidables qui sont venues [lui] exposer leurs difficultés", appelle à faire la part des choses entre ces militants pour plus de pouvoir d'achat et l'acte criminel dont elle a été victime dans la soirée.

"Il faut vraiment faire la part des choses entre des personnes qui ont des revendications justes et qui les expriment de manière paisible, et des gens qui cherchent à mettre le chaos et qui commettent des actes inadmissibles". "Ce sont des menaces, ce sont des pressions, ce sont des messages qui nous disent 'dégagez !', mais moi je ne dégagerai pas, en tout cas le temps de mon mandat, j'assumerai ma fonction", a encore déclaré Mme Dubois, qui devait déposer plainte ce dimanche.

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