Invitée du journal de 13 heures de France Inter, l'actrice et réalisatrice Tonie Marshall a réagi au témoignage d'Adèle Haenel accusant le réalisateur Christophe Ruggia d'attouchements et de harcèlement sexuel. "Je la comprends. La plupart du temps, porter plainte ne sert à rien", dit-elle.

Tonie Marshall, invitée du journal de 13 heures de France Inter, a réagi aux accusations d'Adèle Haenel
Tonie Marshall, invitée du journal de 13 heures de France Inter, a réagi aux accusations d'Adèle Haenel © AFP / Alain JOCARD

"Ce qui m'a beaucoup frappée c'est l'omerta. Adèle Haenel est la première à parler et je ne comprends pas pourquoi les hommes ne s'emparent pas de cette parole", s'est étonnée Tonie Marshall, actrice et réalisatrice, invitée de France Inter. "Vous vous rendez compte de la force qu'aurait un collectif ou une tribune d'hommes qui disent 'nous, on n'est pas des tripoteurs, on n'est pas des violeurs.'"

Dans une enquête de Mediapart, l'actrice âgée de 30 ans, Adèle Haenel, accuse le cinéaste Christophe Ruggia d'attouchements et de harcèlement sexuel. Lundi soir, une interview vidéo de la comédienne a été diffusée en direct sur Mediapart où elle revenait sur les faits dont elle a été victime de ses 13 ans jusqu'à ses 15 ans. 

"Ce qui m'a frappée, c'est le cran qu'elle a eu et cette façon de s'exprimer qui est extrêmement claire et sans chichi", réagit Tonie Marshall. 

"Les femmes vont prendre plus de place"

La réalisatrice estime que cette prise de conscience et cette libération de la parole ne date pas de l'émergence de MeToo." Ce mouvement est un épiphénomène. Le monde change. Du point de vue des femmes on est passé de la cabine téléphonique au téléphone portable.  Les femmes vont prendre plus de place voire leur place", juge-t-elle.   

La plupart du temps porter plainte ne sert à rien.

Adèle Haenel n'a pas porté plainte et évoque une "violence systémique de la justice à l'égard des femmes." Tonie Marshall la soutient, "je comprends Adèle Haenel. La plupart du temps porter plainte ne sert à rien." Suite à ces accusations, l'organisme UniFrance qui promeut le cinéma français à l'étranger va mettre en place une charte. La présence sur chaque tournage d'un référent habilité à écouter et rapporter des comportements inappropriés y serait mentionné, "ce sera la personne qui fera péter le silence", ajoute Tonie Marshall. 

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