Après la cacophonie provoquée par le dispositif d'admission post-bac cet été, de nombreux étudiants se retrouvent sans place ou dans une filière universitaire à contrecœur.

Le dispositif admission post-bac vivement critiqué pour la rentrée 2017. Photo d'illustration
Le dispositif admission post-bac vivement critiqué pour la rentrée 2017. Photo d'illustration © Maxppp / Maxppp

Après le bac, des milliers de nouveaux bacheliers ont été victimes cet été, du système d'admission post-bac et se sont retrouvés sans fac pour cette rentrée à défaut de trouver une place dans la filière demandée. La filière STAPS (activités physiques et sportives) est l'une des plus touchées avec 10.000 bacheliers recalés, cette année.

Recalé des STAPS, admis en BTS machines agricoles

Hugo Clément, jeune francilien, fait partie de ces "recalés" des STAPS. Passionné de hockey sur glace depuis l'âge de six ans et de tous les sports en général, il a encore du mal à réaliser. "Je fais environ huit heures de sport par semaine et j'ai aussi un diplôme d'arbitrage", rappelle le jeune homme. Pour lui, être recalé de la filière sport est totalement "injuste". "J'ai essayé de forcer pendant un mois auprès de l'université mais je me suis retrouvé sans aucune place au final. Aujourd'hui, je suis en BTS maintenance des systèmes, option machines agricoles. J'ai pris ça par défaut", ajoute, dépité, l'étudiant. Sa mère, Béatrice Clément, dénonce un véritable gâchis. "J'ai un enfant aujourd'hui, qui est déprimé et que je ne trouve plus épanoui comme avant."

Hugo Clément, fan de hockey sur glace, recalé de la filière STAPS en 2017.
Hugo Clément, fan de hockey sur glace, recalé de la filière STAPS en 2017. © Radio France / Cécilia Arbona

Sur le campus d'Orsay, dans l'Essonne, les étudiants de troisième année sont écœurés de voir ces jeunes motivés, laissés de côté."Pour tout le monde, un STAPS, c'est quelqu'un qui traîne en survêt et qui va finir prof de sport. Mais ici, il n'y a personne en survêt, tout le monde a un profil différent. On a des gens qui ont fait un bac S, un bac ES...", insiste Florian Stradi.

Un mauvais signal avant les JO de 2024 ?

Dans son bureau, Christine Le Scanff, la directrice du département des sports, reçoit chaque jour encore, des courriels et des lettres de candidats qu'elle est obligée de refuser. "Comment absorber 5.000 étudiants l'année prochaine pour toute la France alors que tous les UFR sont déjà saturés ?", se demande-t-elle. Alors y a-t-il réellement un avenir à l'université pour les jeunes passionnés de sport ? "Oui, pas de doute", selon Orlane François. Pour la présidente de l'association des étudiants en STAPS, il faut régler le problème au plus vite car le temps presse pour ces étudiants mais aussi pour l'image du pays. "Dans sept ans, on va accueillir les Jeux Olympiques. Comment on fait pour accueillir ces JO sans être capable aujourd'hui, de former des jeunes pour accompagner correctement cet événement ?", s'interroge la jeune femme.

La ministre de l'Enseignement supérieur, Frédéric Vidal a lancé un grand chantier de réflexion autour de l'entrée à l'université et promet une réforme totale du système d'admission post-bac pour la rentrée 2018.

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