La cour administrative d’appel de Nancy intime aux médecins de reprendre la procédure d’arrêt des soins pour Vincent Lambert, tétraplégique en état végétatif depuis huit ans.

Rachel, épouse et tutrice de François Lambert
Rachel, épouse et tutrice de François Lambert © Reuters / Vincent Kessler

Nouvel épisode dans la bataille judiciaire qui fait rage au sein même de la famille de Vincent Lambert, ce jeune homme de 39 ans rendu tétraplégique et en état végétatif par un accident de la route en 2008 : cette fois, c’est la Cour administrative d’appel de Nancy qui ordonne aux médecins de l'hôpital de Reims, où se trouve le patient, de reprendre la procédure d’interruption des soins. Cette décision, pourtant prise en 2014 mais encore jamais appliquée, devait conduire à l'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation artificielles du patient, en l'accompagnant jusqu'à la mort par des soins palliatifs.

Les médecins face à une famille qui se déchire 

Cette procédure de fin de vie était le souhait d’une partie de la famille de Vincent Lambert, son épouse Rachel (qui est aussi sa tutrice), cinq de ses frères et soeurs ainsi que son neveu François Lambert (qui a justement fait appel pour que reprenne la procédure), tandis que les parents du jeune homme (fervents catholiques), l’une de ses sœurs et un demi-frère veulent, eux, le maintenir en vie comme un patient handicapé.

Dans ce contexte passionnel, Daniela Simon, le médecin chargée du sort de Vincent Lambert au CHU de Reims,  avait alors suspendu la procédure en juillet 2015, estimant que "les conditions de sérénité et de sécurité nécessaires [pour son équipe ndlr]’’ à la poursuite de cette procédure "n'étaient pas réunies". Un motif que la justice considérait comme un "prétexte" et un "abandon", et qu'elle n’a donc pas jugé légal. Il faut donc reprendre cette procédure de fin de vie, mais comment? La décision des juges a beau être clairement énoncée, elle précise aussi qu'"'aucune injonction ne peut être adressée à un médecin". "Même si le juge ne peut pas dire au médecin ce qu'il doit faire, la loi doit s'appliquer", a réagi François Lambert, neveu du patient, ce jeudi.

Cependant, ce dernier jugement de la cour administrative d’appel peut encore subir un recours du Conseil d’État. L'affaire n'est donc pas terminée, mais les décisions de justice, qui vont, les unes après les autres, dans le sens de l'arrêt des traitements, finiront peut-être par aboutir.

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