La lutte contre les violences conjugales et sexuelles est une priorité pour plus d'un Français sur deux, selon une enquête publiée par la Fondation des Femmes. 33% des personnes interrogées s'inquiètent aussi des inégalités salariales. Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des Femmes, répond à France Inter.

Anne-Cécile Mailfert en février 2015
Anne-Cécile Mailfert en février 2015 © AFP / Stéphane de Sakutin

57% des personnes interrogées dans cette étude (réalisée du 30 janvier au 1er février 2019 par Internet auprès d’un échantillon de 1 005 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus) considèrent comme prioritaire la lutte contre les violences conjugales et 55% la lutte contre les violences sexuelles. 

FRANCE INTER : Cette lutte est-elle devenue un enjeu de société ?  

ANNE-CÉCILE MAILFERT : "Oui, 95% des Françaises et des Français souhaitent que les agresseurs soient plus sévèrement condamnés par la justice et que les femmes victimes soient mieux prises en charge. Ces attentes correspondent à une perception assez réaliste de la situation actuelle. En France, les violences restent massives. Il est urgent d'agir. On a toujours un problème avec la manière dont la justice traite ce sujet, avec la manière dont les victimes sont reçues par exemple dans les commissariats. Il faut aussi soutenir les associations qui aident ces victimes, car aujourd'hui elles manquent de moyens. Nous avons d'ailleurs lancé une campagne 'Maintenant on agit !' pour recueillir un maximum de dons et soutenir ces associations."

Les inégalités salariales restent également au cœur des préoccupations...

"En France, nous avons les outils législatifs nécessaires pour établir une vraie égalité entre les femmes et les hommes. En théorie. Mais dans la pratique, on constate qu'il y a encore beaucoup d'inégalités, notamment dans le monde du travail. Il y a plus de 24% d'écart de revenus entre les femmes et les hommes. On pourrait encore améliorer la loi. L'Islande, par exemple, a rendu l'égalité salariale obligatoire. C'est une mesure plébiscitée par les Françaises et les Français. Il faudrait être beaucoup plus ferme avec les entreprises qui ne respectent pas l'égalité salariale". 

Une majorité de Français sont aujourd'hui favorables à l'instauration d'un congé paternité obligatoire ?

"Huit Français sur dix estiment qu'avoir des enfants peut freiner l'évolution de carrière d'une femme. On constate que les inégalités de revenus sont surtout liées à cette période de la maternité. Les femmes sont discriminées parce qu'elles prennent un congé maternité ou parce qu'on pense qu'elles vont en prendre un. Dans les mesures que nous préconisons, il y a le congé paternité obligatoire, qui permettrait de faire en sorte qu'il n'y ait pas de discriminations pour les femmes, puisque femmes et hommes, tous deux, devraient s'arrêter à la naissance de l'enfant. Une idée soutenue par 60% des personnes interrogées dans notre enquête."

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