Après l'agression à Paris d'un militant LGBT tunisien, les associations s'inquiètent de la recrudescence de ces actes. Les associations n'ont de cesse de sonner l'alarme face à l'augmentation de ses violences.

Pas une semaine ne s'écoule sans le signalement d'une agression homophobe en France.
Pas une semaine ne s'écoule sans le signalement d'une agression homophobe en France. © Radio France / NURPHOTO / Estelle Ruiz

L'homophobie a une nouvelle fois frappé en plein Paris. Dans la nuit de jeudi à vendredi, c'est Nidhal Belarbi, porte-parole d'une association tunisienne LGBT, qui a été roué de coups. 

Condamné pour homosexualité dans son pays, il a obtenu l'asile politique en France. Selon une association qui lui vient en aide, un homme qui l'avait déjà agressé en Tunisie, l'a reconnu dans la rue et "ramené trois autres personnes pour l'attaquer", raconte à France Inter Louis-Goerges Tin, militant contre l'homophobie qui héberge Nidhal Belarbi.

Nidhal Belarbi ne souffre pas de fractures mais il doit porter une minerve à cause de nombreuses contusions au cou et aux cotes.

Quelques jours avant lui, à Nice, un homme était agressé, violé à cause de son orientation sexuelle. Plus tôt cet été, fin juillet, à Villeurbanne, un couple est tabassé par un groupe d'une vingtaine d'hommes. Les amoureux se tenaient la main, et se promenaient, ce qui a rendu fou le groupe d'agresseurs. On pourrait continuer longtemps cette litanie d'agressions homophobes.

Depuis plusieurs mois, des visages tuméfiés sont publiés sur les réseaux sociaux. Autant d'agressions LGBTphobes commises majoritairement dans des centres urbains. 

Dans son rapport annuel, publié en mai dernier, SOS Homophobie a recensé en France 231 agressions physiques en 2018, en faisant "une année noire". Cela signifie un bond de 66% par rapport à 2017. Au dernier trimestre 2018, c’est même une agression par jour qui a été signalée.

Assiste-t-on à une augmentation des actes homophobes ou à une hausse de leur signalement ? 

Pour expliquer cette recrudescence, le rapport note cependant que les victimes "ne se cachent plus" et "osent de plus en plus témoigner". Le président de SOS Homophobie, Joël Deumier, expliquait au moment de la publication de ce rapport : "C'est dramatique, mais c'est aussi salutaire. Cela montre que l'homophobie n'est plus niée". La parole des victimes s'est libérée, notamment grâce aux réseaux sociaux, véritable caisse de résonance de l'homophobie au quotidien.

Début août, devant la multiplication de ces actes violents et contraires à la loi, des associations ont demandé à rencontrer le gouvernement afin de pouvoir "réfléchir à de nouvelles mesures pérennes, spécifiques, dignes et exemplaires". 

"Vous ne pouvez pas accepter que la France devienne la République de l’expression tolérée des LGBTphobies. N’attendez pas de nouveaux drames pour nous entendre", écrivent les associations. 

À l'hiver dernier, dans un contexte similaire de violences homophobes, un rendez-vous avait été obtenu. Mais le collectif d'associations estime que le cri d'alarme lancé à l'époque est retombé comme un soufflet. Il demande un nouveau rendez-vous en guise de piqûre de rappel.

Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.