Conversation vidéo sur Skype avec Pascal Fauret et Bruno Odos
Conversation vidéo sur Skype avec Pascal Fauret et Bruno Odos © MaxPPP/Pierre Augros / Pierre Augros

Quatre Français ont été condamnés vendredi à des peines de 20 ans de prison en République dominicaine pour trafic de drogue. Leurs avocats vont faire appel.

Le verdict est tombé à l'issue d'une délibération qui a duré dix heures. Il s'agit des plus lourdes sanctions dans un procès impliquant quatorze personnes. Les pilotes Pascal Fauret et Bruno Odos, le passager Nicolas Pisapia et l'apporteur d'affaires Alain Castany ont été reconnus "coupables du crime d'association en vue de (...) posséder des drogues illicites". Ils avaient été arrêtés le 19 mars 2013, sur le tarmac de l'aéroport de Punta Cana à bord d’un Falcon 50 contenant vingt-six valises chargés de 700 kilos de cocaïne. Dix Dominicains étaient également poursuivis. Six ont été acquittés, quatre autres ont écopé de peines allant de 5 à 10 ans de prison.

Les quatre Français, comparaissaient libres après 15 mois de détention provisoire dans un quartier de haute sécurité, ils le resteront jusqu'à ce que la sentence soit définitive, mais ne pourront pas quitter la République dominicaine.Dans leurs plaidoiries, les avocats des quatre hommes avaient tous demandé leur acquittement , alléguant que rien ne prouvait qu'ils savaient que de la drogue se trouvait à bord de l'avion. Le procureur avait requis 20 ans de prison à l'encontre des quatre Français et d'un agent de la police antidrogue dominicaine.

"Incompréhension, stupeur, coup de massue"

Le sénateur Olivier Cadic, représentant les Français établis hors de France, a déploré la sentence dans un communiqué, critiquant "l'acharnement du procureur" et assurant que "le ministère public n'a jamais pu démontrer l'implication ou la complicité" des quatre Français.

La réacation de Sabine Fauret, la femme d'un des pilotes condamnés

Daniel Odos est le frère d'un des deux pilotes condamnés

Le président du comité de soutien des deux pilotes, Philippe Heneman, a dit sa stupéfaction à l'annonce du jugement.

La soeur de Bruno Odos, l'un des deux pilotes condamnés, s'est dite samedi matin "en colère, accablée, révulsée". "On n'a pas bien dormi, on attendait un verdict positif, pour nous c'était évident, ça a été le coup de massue. Je suis en colère, accablée, révulsée". Elle a rappelé que son frère était père de 4 enfants, a assuré qu'elle allait solliciter, avec les proches de pilotes, les soutiens de la classe politique.

La condamnation "n'est pas définitive"

Le quai d'Orsay va "continuer à leur assurer une protection consulaire active". Dans un communiqué, le porte-parole adjoint du ministère français des Affaires étrangères a qualifié de "très lourde" la peine prononcée et ajouté que le quai d'Orsay allait "suivre cette affaire avec la plus grande attention". En mars 2014, Laurent Fabius avait jugé "très choquant" le report à maintes reprises du procès, déclarant : "Il faut qu'il y ait un procès qui vienne et qui vienne vite".

L'avocat des deux pilotes va faire appel de la condamnation : Maître Jean Reinhart, se dit tout aussi surpris par le jugement, alors qu'il avait demandé l'acquittement. Il a pu parler avec les pilotes qui sont "sous le choc" dit-il.

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