Eric Dupond-Moretti et Pascal Fauret
Eric Dupond-Moretti et Pascal Fauret © capture d'écran

Les deux pilotes d'avion qui ont réussi à rentrer en France, assurent vouloir s'en remettre à la justice française alors que la République dominicaine annonce qu'elle va lancer un mandat d'arrêt international contre Pascal Fauret et Bruno Odos.

C'est par bateau puis par avion, via les îles de Saint-Martin et de la Martinique, que Pascal Fauret, 55 ans, et son copilote Bruno Odos, 56 ans, condamnés à 20 ans de prison mi-août, ont fui pour regagner la France durant le week-end.

Le ministère des affaires étrangères a affirmé lors d'un point presse lundi en fin de matinée que la France n'était pas impliquée dans la fuite des pilotes et au cours d'une conférence de presse Me Eric Dupond-Moretti, l'un ded avocats des deux homems a assuré que cette évasion ce n'est pas l'entreprise "d'une équipe barbouzarde qui aurait été payée par l'Etat français". L'avocat a refusé de donner des détails sur l'évasion, car "des gens se sont impliqués".

Ils sont ici, ils respirent un peu avec leurs familles. Il n'y a pas lieu qu'il y ait un mandat d'amener. Si la juge veut les voir, ils sont à la disposition de la justice.

Pascal Fauret s'est peu exprimé lors de la conférence de presse. Vraissemblablement ému, le pilote a remercié le comité de soutien et a affirmé que son réflexe avait été "de rejoindre son pays".

A partir du moment où on a affaire à une justice qui ne fait pas d'enquête, qui ne vous écoute pas, qui vous condamne à 20 ans pour la seule raison qu'on est Français et pas fils de bon chrétien (...) mon réflexe c'est de rentrer dans mon pays, où je pourrai m'exprimer devant la justice

Selon Me Jean Reinhart, les deux hommes "sont en France pour chercher la justice, pas pour la fuir. Ils cherchent à voir des médecins et sont prêts à voir un juge français". Ils sont poursuivis en France pour complicité de trafic de drogue, mis en examen par une juge d'instruction marseillaise il y a un an et demi.

Aymeric Chauprade, euro-député Front national, soutien des pilotes français et ancien conseiller du président de Saint Domingue a-t-il joué un role dans cette exfiltration ? Son role reste flou pour l'instant (joint par Emmanuel Leclère) :

La République dominicaine, par la voix du Procureur général, a annoncé mardi après-midi qu'elle va lancer un mandat d'arrêt international contre les deux pilotes français :

Nous sommes en contact avec les autorités françaises, pas seulement pour déterminer de quelle manière ils ont fui le pays et les complicités dont ils ont bénéficié, mais aussi pour qu'ils assument leur responsabilité dans le pays, indépendamment des autres affaires en cours en France.

Condamnés à vingt ans de prison

Quatre Français sont concernés par cette affaire : les pilotes Pascal Fauret et Bruno Odos, le passager Nicolas Pisapia et l'apporteur d'affaires Alain Castany. Ils ont été arrêtés dans la nuit du 19 au 20 mars 2013, alors qu'ils s'apprêtaient à décoller de l'aéroport de Punta Cana, à bord d'un Falcon 50 dans lequel se trouvaient 680 kg de cocaïne, répartis dans 26 valises. Les quatre hommes ont toujours clamé leur innocence, affirmant n'avoir pas su qu'il y avait de la drogue à bord. Condamnés en août 2015 à vingt ans de prison pour trafic de drogue, mais libres jusqu'à ce que leur sentence soit définitive, ils ne pouvaient pas théoriquement quitter la République dominicaine.

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Un procès ubuesque

Les deux pilotes sont désormais des hors la loi pour une République dominicaine dont la justice n’était pas sortie grandie du procès : anomalies procédurales en cascade, des valises de drogue présentées en grande pompe mais jamais revues, des responsables douaniers eux-mêmes tombés pour corruption. L'intégrité du procureur est également mise en cause.

Inquiétude pour les deux autres Français restés sur place

Deux autres français, Nicolas Pisapia et Alain Castany condamnés eux aussi dans la même affaire, sont toujours en République dominicaine. L'un d'eux a été victime d'un accident grave de la route il y a quelques jours. Sa famille s'inquiète de son sort. "Il est à craindre que je sois incarcéré de nouveau" s'inquiète ce lundi Nicolas Pisapia.

Sergio Coronado, député EELV des Français de l'étranger était l'invité du journal de 13h

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