"La réglementation n'est pas respectée" par Airbnb, assène la ville de Paris. La mairie de la capitale vient d'engager un nouveau bras de fer avec la plateforme de location immobilière en l'assignant en justice. Cette dernière risque une amende de 12,5 millions d'euros.

Un appartement loué de la butte Montmartre à Paris.
Un appartement loué de la butte Montmartre à Paris. © Maxppp / Vincent Isore

Une nouvelle fois, la mairie de Paris s'oppose vivement à la plateforme de locations en ligne, Airbnb. Cette fois, la capitale l'assigne en justice pour ne pas avoir respecté les dispositions de la loi Elan et avoir mis en ligne 1 000 logements non enregistrés. La règle en question prévoit de limiter la location d'un logement à 120 jours par an, soit environ quatre mois, et que chacun de ces logements soit enregistré auprès de la mairie. La loi prévoit aussi une amende de 12 500 euros par annonce non conforme. Ainsi, la ville de Paris réclame à Airbnb plus de 12 millions d'euros

Des agents qui traquent les annonces non déclarées

La maire de Paris met les moyens pour traquer les propriétaires qui fautent. Depuis plusieurs semaines, une trentaine d'agents assermentés du service du logement surfent sur le site d'échange d'appartements, Airbnb. Ils s'intéressent plus particulièrement aux annonces à plus de "100 euros la nuit", souvent dans les quartiers les plus prisés de la capitale, et qui ont plus de dix commentaires (preuve d'une mise en location régulière). C'est ce qui explique le montant de l'amende faramineux réclamé à la plateforme.  

"Airbnb touche de l'argent sur ces locations illégales, une commission sur chaque logement loué sur la plateforme. Cela suppose qu'ils ont une part de responsabilité dans cette affaire et ne peut pas dire que c'est la simple responsabilité du loueur. Le rôle de la plateforme c'est de faire le ménage parmi les annonce et de retirer celles qui sont illégales" estime Ian Brossat, adjoint à la mairie de Paris en charge du logement. 

Airbnb a une part de responsabilité et ne peut pas dire que c'est la simple responsabilité du loueur. 

La mairie de Paris juge que louer un appartement toute l'année sur Airbnb équivaut à "de l'industrie lourde" et "plus du simple échange".

Airbnb estime être en conformité avec... la loi européenne

Airbnb, qui propose quelque 65.000 annonces à Paris, dont 40% seraient en règle, a réagi par communiqué et assure avoir "déjà mis en oeuvre des mesures adaptées" pour "aider les hôtes parisiens à louer leur logement en conformité avec les règles applicables, et ce dans le respect de la réglementation européenne" qui est la seule référence aux yeux de la plateforme. Airbnb juge la réglementation parisienne "inefficace, disproportionnée, et contraire à la réglementation européenne" et espère "pouvoir travailler avec tous les acteurs concernés à des solutions réellement adaptées aux villes françaises et à leurs habitants". 

Les derniers chiffres indiquent que "26.000 logements", mis en ligne sur Airbnb il y a quelques mois, ont disparu de la location classique dans le centre de la capitale. La ville a, par ailleurs, touché l'an dernier 7,5 millions d'euros de taxe de séjour sur les locations touristiques via Airbnb, qui a mis en place une collecte automatisée.

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