Les médecins alertent sur les dangers de l'alcool et plaident pour un prix plancher par unité d'alcool. La consommation alcoolique provoque chaque année 49 000 morts dont 15 000 cancers.

La consommation alcoolique provoque chaque année 49.000 morts dont 15.000 cancers.
La consommation alcoolique provoque chaque année 49.000 morts dont 15.000 cancers. © AFP / FRANK MAY

Chaque année l'alcool tue plus de trois millions de personnes dans le monde, selon les chiffres de l'OMS. Plus que le sida et la tuberculose réunis. 

En France, les médecins sont inquiets des ravages que provoque encore et toujours l'alcool. Chaque année, dans notre pays, la consommation de boisson alcoolisées provoque la mort de quasiment 50 000 personnes.

Ils sont addictologues, spécialistes de santé publique ou pneumologues. Ces professionnels de santé, parmi lesquels Irène Frachon ou Amine Benyamina, ont décidé d'aller au delà du simple cri d'alarme. Ils ont signé lundi un texte proposant des mesures pour décourager la consommation excessive d’alcool et proposent de mettre en place "10 mesures efficaces". La plus emblématique et selon eux l'une des plus efficaces, à savoir "taxer l'alcool proportionnellement au contenu en grammes d'alcool et définir un prix minimum de vente par unité d'alcool".

Les médecins veulent par ailleurs mieux mettre en garde quant à la dangerosité de l'alcool. Ils faut, selon eux, mieux faire passer le message. Indiquer, par exemple, sur les contenants la quantité en gramme d'alcool, de sucre et le nombre de calories "de manière claire, lisible et contrastée". 

Ils souhaitent par ailleurs interdire toutes les mentions supplémentaires et non légales du type "à consommer avec modération".  En revanche, ces médecins demandent à ce que la mention "l'alcool est dangereux pour la santé" soit écrite de façon claire, lisible et contrastée.

Au mois de mars dernier, la ministre de la santé s'était opposée à ce que ce message apparaisse. Agnès Buzyn estime que cette phrase pourrait laisser penser que le gouvernement serait pour une action de prohibition, "c'est-à-dire qu'on ne veut pas d'alcool du tout, or ce n'est pas le cas aujourd'hui".

Agnès Buzyn et son homologue de l'agriculture, Stéphane Travert avaient invité jeudi dernier les représentants de la profession viticole pour, avaient-ils expliqué, "les associer aux politiques publiques de prévention".

De leurs côtés, les médecins dénoncent le rôle et la puissance du lobbying de l’industrie alcoolière, "jusqu'au plus haut niveau de l'État" assurent-t-ils.  Ils avaient déjà interpellé début mars le président de la République Emmanuel Macron qui avait confié boire "du vin le midi et le soir".

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