L'agence nationale de santé publique et le gouvernement lancent ce mois-ci une campagne d'information sur les risques liés à la consommation d'alcool pendant la grossesse.

75% des sondés minimisent les risques liés à la consommation d'alcool pendant la grossesse (illustration)
75% des sondés minimisent les risques liés à la consommation d'alcool pendant la grossesse (illustration) © AFP / CHRISTOPHE LEHENAFF / PHOTONONSTOP

Pour 75% des Français, la consommation modérée d'alcool est possible pendant la grossesse sans risques pour le bébé. Un chiffre inquiétant* que rappellent Santé publique France et la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Midelca), à l'occasion ce vendredi de la journée mondiale de sensibilisation au syndrome d'alcoolisation fœtale.

D'un verre "pour les grandes occasions" à une consommation quotidienne

L'étude BVA reprise par Santé publique France précise que seules 25% des personnes interrogées estiment qu'il n'existe aucune consommation d'alcool possible sans risque pour le fœtus. La consommation d'un verre "pour les grandes occasions" est à l'inverse tolérable pour 39% des sondés. 18% d'entre eux estiment également qu'une consommation de "quelques gorgées" de temps en temps ne pose pas de problème. Enfin, ils sont 8% à juger qu'un verre ou deux dans le mois est sans risque. Une consommation qui peut aller jusqu'à "un verre ou deux dans la semaine" pour 6% d'entre eux et un verre "tous les jours" pour 3%.

Pour mettre un terme au flou qui subsiste dans l'esprit des Français, l'agence nationale de santé publique et la Mildeca lancent, jusqu'à fin novembre, une campagne d'informations sur les effets néfastes de la consommation d'alcool par les femmes enceintes.

Des affiches "Vous buvez un peu, il boit beaucoup" et un dépliant "Zéro alcool pendant la grossesse" vont être disposés dans les cabinets des médecins généralistes, des gynécologues, des sages-femmes et dans les pharmacies.

Des risques graves de malformation

Les professionnels de santé rappellent qu'il existe un risque sévère de complications. L'alcool est toxique pour le fœtus et peut entraîner retard de croissance, atteintes du système nerveux central, malformations... La forme la plus grave de complication est le syndrome d'alcoolisation fœtale, qui concerne chaque année entre 700 et 3 000 enfants sur les 750 000 qui naissent en France.

Les femmes enceintes qui souhaitent être accompagnées tout au long de la grossesse peuvent se tourner vers Alcool Info Service ou composer gratuitement le 0980 980 930, de 8h à 2h chaque jour.

*Etude BVA pour Santé publique France menée du 25 au 27 juin 2015 auprès d'un échantillon représentatif de la population française de 1005 personnes âgées de 15 ans et plus.

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