L'agence du médicament restreint l'utilisation de ce médicament prescrit pour lutter contre l'alcoolisme, dans le cadre de la recommandation temporaire d'utilisation.

L'Agence du médicament divise par trois la dose maximale de Baclofène autorisée
L'Agence du médicament divise par trois la dose maximale de Baclofène autorisée © AFP / GARO / Phanie

L'Agence du médicament divise par trois la dose maximale de Baclofène autorisée. L'ANSM se base sur une étude qui conclut que, autorisé à forte dose, le Baclofène entraînerait davantage de décès et d'hospitalisations. Une étude contestée par les addictologues spécialistes du traitement de l’alcoolisme.

Décidément l'utilisation du baclofène n'est pas une mince affaire. Ce relaxant musculaire est prescrit depuis des années par des médecins pour soigner l'addiction à l'alcool. De nombreuses études, et les patients eux mêmes, ont attesté de son efficacité. 100 000 personnes suivent aujourd’hui ce traitement, en prenant, en moyenne, 200 milligramme par jour pour produire un effet.

Le Baclofène n'a toujours pas d'autorisation de mise sur le marché pour cette indication. Les autorités sanitaires ont délivré en attendant une RTU, une recommandation temporaire d'utilisation. C'est cette recommandation qui vient d'être ajustée à 80 milligramme sur la base d'une étude selon laquelle de trop fortes doses entraîneraient des effets secondaires dangereux.

Une étude contestée par les spécialistes. Pour le Professeur Philippe Jaury, addictologue, l'un des plus ancien prescripteurs, certains patients ne peuvent pas se passer du médicament aux doses actuelles : "on a des patients qui vont très bien, qui se sont réinsérés socialement, qui ont retrouvé un boulot. Ils prennent 140, 180 ou 200 milligrammes, quand ils baissent la dose, par exemple à 120 milligrammes, ils ont de nouveau envie de boire et n'arrivent pas à s'en empêcher. Je pense qu'il y a des patients qui vont porter plainte contre l'Agence du médicament".

Les addictologues déclarent qu'ils ne suivront pas l'agence du médicament

C'est le cas du Professeur Philippe Jaury. Il le dit, il ne suivra pas l'ANSM : "les spécialistes comme moi on va continuer à prescrire hors autorisation de mise sur le marché et hors recommandation temporaire d'utilisation. On a le droit. Chaque médecins à le droit de prescrire à partir du moment où il le mentionne sur l'ordonnance".

Selon l'agence du médicament, une décision sur une éventuelle autorisation de mise sur le marché sera prise avant la fin de l'année. Un nouvel épisode à venir dans cette histoire déjà longue du Baclofène.

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