A partir de décembre, les  médecins du travail seront aussi formés à mieux détecter les salariés à risque
A partir de décembre, les médecins du travail seront aussi formés à mieux détecter les salariés à risque © MaxPPP

TEMOIGNAGE – A l’occasion de la journée nationale de prévention des conduites addictives en milieux professionnels, un colloque réunit à Paris experts, médecins et patients. 7 % des actifs occupés, en France, auraient une consommation à risque d'alcool. Une femme a décidé de sortir du silence. Maxime Debs a recueilli son témoignage.

A l'époque, Laurence Cottet avait 48 ans, un poste à responsabilité chez Vinci. En 2009, sa vie a basculé lors d'un cérémonie de voeux dans l'entreprise.

Je vais donc rester longtemps sur le sol, ivre, sans pouvoir me relever, et perdre en une fraction ma dignité de femme, mon travail

Elle savait qu'elle ne devait pas boire, ses collègues également. Et pourtant : "Je ne me souviens pas que quelqu’un m’ait dit "arrête, viens te mettre à l’abri…", se souvient-elle. Au contraire. Tout le monde me regardait. Je n’étais pas la seule à boire. Je vais donc rester longtemps sur le sol, ivre, sans pouvoir me relever, et perdre en une fraction ma dignité de femme, mon travail. Je perds tout, sauf la vie."

►►► Ecoutez l'intégralité du témoignage de Laurence :

Six ans plus tard, si Laurence Cottet accepte de témoigner c'est qu'elle s'est relevée. Bénévole, elle vient en aide aux personnes qui traversent aujourd'hui ce qu'elle a vécu. Il faut, dit-elle, davantage de prévention. La question de la prévention des conduites addictives pourrait être évoquée lors de la négociation collective de branche, promet Danièle Jourdain Menninger, qui supervise une interministérielle sur ces addictions et doit faire des annonces aujourd'hui. Autre promesse : à partir de décembre, les médecins du travail seront aussi formés à mieux détecter les salariés à risque. Ils n'ont jamais été aussi nombreux selon les addictologues, qui réclament plus de moyens.

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