Les infections nosocomiales s'attrappent à l'hôpital
Les infections nosocomiales s'attrappent à l'hôpital © FPaolese

Quatre cas, dont trois mortels, de méningite C liés à une souche "très virulente" ont été recensés en Allier et en Creuse, a-t-on appris vendredi auprès des Agences régionales de santé (ARS) concernées, qui recommandent la vaccination pour les personnes âgées de 12 mois à 24 ans.

L'ARS Rhône-Alpes a elle aussi recommandé cette vaccination pour quelques communes du Rhône après le décès, jeudi soir à l'hôpital, d'un collégien de 14 ans scolarisé dans la commune de l'Arbresle et qui avait contracté une infection invasive à méningocoque de groupe C.

Aucun lien entre les souches de méningocoque C identifiées dans l'Allier et la Creuse d'une part, et dans le Rhône d'autre part, n'a été pour l'instant établi.

Rare en France, la méningite C se transmet directement d’une personne à une autre à partir de sécrétions (postillons, toux, etc). Elle touche essentiellement les enfants et les adolescents et peut être mortelle.

Quatre décès le mois dernier

Deux jeunes gens âgés d’environ 20 ans, un homme en Creuse et une femme dans l’Allier, ont succombé à la maladie mi-novembre. La troisième victime, de nationalité étrangère, a été exposée à la bactérie lors de son passage à Montluçon par un lien indirect avec l’une des deux premières personnes.

Ils ont été infecté par la même souche de méningocoque qui semble « très virulente » explique l’ARS de l’Auvergne. Dans le Rhône, l’adolescent décédé jeudi était en 3e dans un collège de l’Arbresle. « Les élèves ayant été en contact direct et prolongé avec cet adolescent ont été identifiés et un traitement antibiotique préventif leur a été prescrit » souligne l’ARS Rhône-Alpes dans un communiqué.

Mais deux autres cas de méningite ont été détectés fin octobre à l’Arbresle et dans une autre commune voisine. La vaccination est donc recommandée dans ces villes et alentour.

La vaccination est recommandée

Le docteur Robert Cohen est pédiatre et infectiologue à Paris. Il enrage de voir que des jeunes puissent encore décéder en France de cette maladie, dont la vaccination est recommandée depuis plusieurs années :

Ce qui est très regrettable, c’est que cette vaccination est recommandée pour tous les enfants, depuis maintenant presque huit ans et que malheureusement, du fait des différentes polémiques vaccinales en France, les taux de couverture sont faibles. La majorité des pays d’Europe ont un taux d’enfants vaccinés qui dépasse 90%. En France, en particulier pour les adolescents, ce taux est insuffisant, à 40%.

Le médecin prévient encore :

La méningite C parmi les méningocoques est une de celle qui tue le plus. Le risque de décès est de l’ordre de 10% globalement, mais il est encore plus important quand il y a des formes dites « fulminantes » où là, le taux de mortalité dépasse largement un quart des patients.

La maladie ne devrait plus exister

"De tels cas ne devraient plus arriver" explique le médecin qui coordonne le réseau d'information sur les vaccinations Infovac.

Clairement ce type de méningite à méningocoque C ne devrait plus exister parce que le vaccin est d’une efficacité quasi-totale

Le docteur Robert Cohen répond à Véronique Julia :

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