Le métier d'enseignant ne semble pas attirer autant qu'auparavant. Certaines académies manquent de professeurs des écoles alors que d'autres cherchent des profs d'allemand et de maths.

La France manque de professeurs des écoles et de profs d'allemand, d'arts plastiques et de maths notamment
La France manque de professeurs des écoles et de profs d'allemand, d'arts plastiques et de maths notamment © Getty / Andrea Chu

Manque de professeurs des écoles

Les résultats du concours de recrutement de professeurs des écoles ne sont pas bons. Il y a moins d’admis que de postes offerts. Selon le syndicat enseignant SNUipp-FSU, 775 professeurs des écoles font défaut, dont 361 dans l’académie de Créteil et 338 à Versailles. 

Depuis 2013, toujours selon le syndicat, 3 571 recrutements n’ont pu être effectués. Les postes vacants s'accumulent. 

Le SNUipp-FSU regrette le fait que les académies soient obligées d'avoir recours de manière massive à des personnels contractuels qui devront enseigner sans formation. 

La désaffection pour le métier d’enseignant est particulièrement criante dans les académies de Créteil, de Versailles, de Mayotte et de Guyane. 

Cette crise a des causes multiples : dévalorisation et manque de reconnaissance du métier, conditions de travail difficiles surtout en début de carrière, mobilité quasi-impossible dans certains départements

Manque de profs d'allemand, de lettres classiques et de maths en secondaire

À part l'anglais, qui n'est pas en déficit cette année, la pénurie de professeurs dans certaines disciplines se confirme d'année en année. Après publication des résultats du Capes, tous les postes ne sont pas pourvus : 115 postes non pourvus en mathématiques,  124 en allemand, 103 en lettres option lettres classiques et 16 en arts plastiques.

  • Les mathématiques : les étudiants peuvent faire une carrière mieux rémunérée dans cette discipline ailleurs que dans l'enseignement secondaire.
  • L'allemand ou les langues anciennes : ces matières attirent de moins en moins d'élèves dès le secondaire.

Mais le paradoxe de cette année est que certains postes restent vacants alors même que le nombre total de places ouvertes aux concours a diminué de 20 % en moyenne. 

On recrute moins de fonctionnaires : ce signal négatif amplifie le manque d'attractivité du métier de professeur. 

Alain Billate, secrétaire national du Snes, le syndicat national de l'enseignement secondaire, chargé des questions de recrutement et de formation :

Le ministre a présenté très adroitement les choses : puisqu'il y a 20 % de postes qui ne sont pas pourvus, je vais réduire de 20 % le nombre de places au concours. Or, ces 20 % en moins concernent toutes les disciplines. Donc on aura au moins 950 professeurs de moins.

Conséquences pour les élèves : les classes seront plus chargées et comme pour les professeurs des écoles, le recours à des enseignants contractuels non formés sera de plus en plus fréquent.

► ECOUTER | Les détails avec Sonia Bourhan

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Manque de profs à l'école, au collège et au lycée

Par Sonia Bourhan
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