Ce vendredi, c'est la journée mondiale Alzheimer. L'occasion de s'interroger sur les structures dans lesquelles habitent les malades, pas toujours pensées pour les aider à vivre au mieux au quotidien. Un architecte parisien s'est penché sur la question, celle de l'architecture thérapeutique.

La journée mondiale Alzeimer a lieu chaque année le 21 septembre
La journée mondiale Alzeimer a lieu chaque année le 21 septembre © Maxppp / Pascal Deloche / Godong

Pour Emmanuel Negroni, architecte à Paris, on ne pense pas assez à ces questions, qui apportent pourtant beaucoup. Il s'est spécialisé dans l'aménagement d'établissements pour autistes et malades d'Alzheimer. Et d'après lui, un tas de petits aménagements améliorent le bien être du malade. Il suffit juste d'y penser (et d'y mettre aussi un tout petit peu plus cher...)

Une chambre, un couloir, une pièce de vie où l'on aligne des fauteuils avec une grande télé au fond... Comme beaucoup de monde, Emmanuel Negroni a vu ces décors en maison de retraite. Architecte d'intérieur, il enrage que trop de malades vivent dans ces conditions : "Ce qui m'atterre, c'est quand je vois des couloirs qui ne mènent à rien. Et donc, automatiquement, la personne qui est dans ce couloir fait demi-tour, parce qu'un obstacle est quelque chose de stressant. Surtout que quand on est un malade d'Alzheimer, on a tendance à beaucoup marcher."

C'est des maisons de fous. Pour un être humain, ce n'est pas normal.

Pour donner de l'apaisement et du sens, il faut des courbes, des lumières, des objets, des animations murales qui parlent aux patients. Et c'est beaucoup plus qu'un simple tableau posé ici ou là. Il faut bannir les couloirs, créer des circulations, multiplier les occasions de faire travailler le cerveau.

"On va créer un parcours, qui va faire fonctionner la mémoire", explique Emmanuel Negroni sur son projet. "Ils vont retrouver des objets, des photos, du son. _Tous les trois ou quatre mois, on va changer les objets, changer les photos_. De la même façon, il y aura des grands murs lumineux qui vont dynamiser l'ambiance. Dynamisante le matin, apaisante le soir : rompre la monotonie et toujours donner envie de venir. Qu'ils n'aient pas l'impression de venir toujours au même endroit."

Emmanuel Negroni applique ces mêmes méthodes pour les patients autistes : bannir les angles agressifs, favoriser les lumières indirectes, travailler l'acoustique... Ça ne soigne pas, dit-il, mais cela facilite la thérapie. Forcément (et c'est là que cela coince souvent), c'est aussi un peu plus cher, mais pas tant que ça : 2 000 euros le m², précise l'architecte, contre 1 500 euros pour une installation plus standard.

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